Faits Divers
30 mois requis contre le streamer Naruto pour des violences en ligne ayant précédé un décès en direct
La justice a réclamé de la prison et un bannissement numérique pour deux influenceurs qui humiliaient et frappaient des personnes vulnérables devant des…


La justice a réclamé de la prison et un bannissement numérique pour deux influenceurs qui humiliaient et frappaient des personnes vulnérables devant des milliers de spectateurs. Leurs vidéos ont basculé dans le drame quand l’une de leurs victimes est morte en plein live.
Ce mardi, au tribunal de Nice, la procureure Maud Marty a demandé trente mois de prison, dont dix-huit avec sursis probatoire, contre Owen Cenazandotti, plus connu sous le pseudo Naruto. Elle a aussi requis une amende de 30 000 euros. Pour son complice Safine Hamadi, dit Safine, la peine réclamée est de dix-huit mois avec sursis probatoire et 15 000 euros d’amende. Les deux hommes risquent en plus une mesure rare : le « bannissement numérique », soit l’interdiction à vie de publier sur les plateformes.
Le dossier est glaçant. Entre 2023 et 2025, Naruto organisait des directs chaque soir de 21h à minuit depuis un studio à Contes, près de Nice. Il diffusait d’abord sur Twitch, puis sur la plateforme Kick après plusieurs sanctions. Le concept reposait sur la violence infligée à deux hommes vulnérables : Jean Pormanove, alias JP, 46 ans, et Stéphane G., surnommé Coudoux, un quadragénaire sous curatelle. Les images montrent des gifles, des coups de pied, de fouet ou de batte de baseball, des cris directement dans les oreilles. JP recevait des œufs frais sur la tête, des seaux d’eau et des insultes, le tout rythmé par une petite chanson moqueuse.
La procureure a été très claire dans son réquisitoire. Pour elle, « le simple fait que la mort soit survenue en live traduit la dérive ». Elle dénonce un « système de maltraitance humaine, pas un dérapage ou une provocation », car « les violences sont le programme, elles font le scénario ». En août 2025, JP a été retrouvé inerte sous son drap après douze jours de live ininterrompu. L’autopsie a conclu à l’absence d’intervention d’un tiers, et l’enquête sur son décès a été classée sans suite. Le procès ne porte donc pas sur sa mort, mais sur les violences en réunion, l’abus de faiblesse, la diffusion d’images violentes et la provocation à la haine ou à la violence infligées à JP et à Coudoux. Le frère de JP avait demandé un renvoi devant une cour d’assises, sans succès.
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