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Cuba dans le noir une île étranglée par le blocus américain

Pour la troisième fois en moins de six mois, l’ensemble du réseau électrique cubain s’est effondré. Le gouvernement pointe du doigt les sanctions…

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Cuba dans le noir une île étranglée par le blocus américain

Pour la troisième fois en moins de six mois, l’ensemble du réseau électrique cubain s’est effondré. Le gouvernement pointe du doigt les sanctions pétrolières imposées par Washington, qui privent le pays du carburant nécessaire à la production d’électricité.

Lundi soir, un nouveau blackout total a plongé les 9,6 millions d’habitants de l’île dans l’obscurité. La compagnie électrique nationale a annoncé une « déconnexion totale » du réseau, sans préciser les causes immédiates. Mais pour les autorités, l’origine est claire. Le directeur de l’électricité au ministère de l’Énergie, Lazaro Guerra, a expliqué à la télévision d’État que le manque de carburant rendait « indiscutablement plus compliqué » le rétablissement du courant. « Nous avançons en fonction de la capacité de production disponible », a-t-il ajouté, sans donner de date précise pour un retour à la normale.

Le président Miguel Diaz-Canel a directement mis en cause les États-Unis. Sur X, il a dénoncé une tentative de « provoquer un soulèvement social en étouffant le pays » par le blocus pétrolier en vigueur depuis janvier. Il a qualifié le travail des électriciens d' »héroïque » face à ce qu’il appelle un « blocus énergétique génocidaire ». Les relations entre les deux pays n’ont cessé de se tendre, notamment après l’arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro, allié de Cuba. Washington a multiplié les sanctions contre des entreprises et des dirigeants cubains, Donald Trump allant jusqu’à qualifier l’île de « menace extraordinaire » pour la sécurité nationale américaine.

Pour les Cubains, cette nouvelle panne est un enfer de plus dans un quotidien déjà très dur. Depuis des mois, les coupures d’électricité sont incessantes à cause d’un réseau vieillissant reposant sur sept centrales thermiques vétustes et des groupes électrogènes de secours. À La Havane, les délestages dépassent désormais 30 heures d’affilée, et plusieurs jours en province. Meyboll Font, 51 ans, community manager travaillant depuis chez elle, raconte son calvaire. « On n’avait déjà que trois ou quatre heures de lumière par jour. Maintenant, c’est pire, on ne sait pas quand ça va revenir. Vivre comme ça, c’est une agonie. » La centrale principale, Antonio Guiteras, était à l’arrêt pour réparation lundi, sa quinzième panne depuis le début de l’année. Dans ce contexte, Cuba a annoncé un vaste programme de construction de parcs solaires, mais le pays est asphyxié par le blocus. Lundi, La Havane a accusé Washington de faire pression pour empêcher l’Assemblée générale de l’ONU de se prononcer sur l’impact de ces sanctions. Le ministre des Affaires étrangères Bruno Rodriguez a dénoncé sur X une tentative d' »entraver la volonté souveraine des États membres ». Un vote est nécessaire pour l’ouverture d’un débat sur le sujet, et Cuba espère une condamnation internationale du blocus.

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