Faits Divers
Sous les décombres, l’espoir s’accroche encore
Douze jours après les séismes, les secouristes internationaux sont partis mais les familles des disparus refusent d’abandonner. Au Venezuela, des hommes…


Douze jours après les séismes, les secouristes internationaux sont partis mais les familles des disparus refusent d’abandonner. Au Venezuela, des hommes et des femmes grattent les gravats à mains nues, dans l’espoir de retrouver les corps de leurs proches.
Dans le quartier de Carabellada, Raul Alvarado ne lâche rien. Sa mère, son père et son frère aîné sont ensevelis sous ce qui reste de l’immeuble OPP 26, un bâtiment de seize étages réduit en un amas de béton. Leur appartement du troisième étage est maintenant à hauteur d’homme, écrasé sous des dalles empilées. Le bilan provisoire dépasse les 3 500 morts et des dizaines de milliers de personnes sont portées disparues. Pourtant, le gouvernement refuse d’utiliser ce mot. L’ONU, elle, estime que jusqu’à 50 000 personnes pourraient manquer dans l’une des pires catastrophes sismiques qu’ait connues l’Amérique latine. Les pelleteuses sont déjà en train de déblayer certaines parties du complexe OPP, mais les bénévoles et les familles continuent de fouiller les gravats à la pioche ou à la perceuse, sous des abris de fortune.
José Alvarado se souvient du premier séisme. Il était dans la pièce voisine. Sa famille était ensemble, enlacés. Puis la deuxième secousse a frappé, trente-neuf secondes plus tard. L’immeuble s’est effondré. « Ils étaient tous les trois, mon père, ma mère et mon frère », répète-t-il. Autour de lui, des bénévoles creusent de petits tunnels à travers les dalles pour atteindre les appartements enfouis. Dans un trou, on aperçoit le corps d’une jeune fille, recouvert de chaux. Alny Pacheco, un bénévole, a déjà sorti douze corps. Le dernier, lundi. « Aujourd’hui, on espère sortir notre premier vivant », dit-il. Mais il sait que les chances sont infimes. Des registres en ligne recensent des milliers de disparus. L’un d’eux compte plus de 31 400 noms. Un autre indique 18 200 personnes toujours manquantes et 25 000 déjà retrouvées. L’ONU confirme que ces chiffres, bien que terribles, sont crédibles.
Le complexe OPP n’est qu’un exemple parmi près de deux cents immeubles détruits par les séismes de magnitude 7,2 et 7,5. Certains blocs ont perdu leur façade, d’autres se sont effondrés en empilant les étages comme une pile d’assiettes. Un professeur en sciences de la Terre explique que cette double secousse, très rare, a d’abord fragilisé les structures puis les a fait s’écrouler avant que les occupants ne puissent s’échapper. Les gravats sont denses, dangereux à fouiller. Daniela Alvarez cherche sa sœur, ses nièces et son beau-frère dans un bloc voisin. Elle a peur qu’on rase la zone avant d’avoir retrouvé les corps. « Comment peuvent-ils envisager de tout raser sans savoir si des gens sont encore dessous ? Nos familles vont sortir en morceaux », lance-t-elle, la voix tremblante. Au sommet des ruines de l’OPP 27, Clemente Canizalez creuse encore pour atteindre son fils et son petit-fils. « Combien de personnes y avait-il ici ? On ne le sait pas », souffle-t-il.
À lire aussi





NewsEn Ligne 7 joursSandrine Rousseau choisit son camp pour 2027 et ça surprend chez les Verts



PolitiqueEn Ligne 7 joursSandrine Rousseau réclame une motion de censure pour incompétence



PolitiqueEn Ligne 4 joursCanicule alerte orange pour l’Hérault et les Pyrénées-Orientales ce samedi



ÉconomieEn Ligne 5 joursAix lance son grand laboratoire des crises mondiales



NewsEn Ligne 5 joursIsraël marque les mille jours du 7 octobre dans une atmosphère électrique



NewsEn Ligne 5 joursL’Europe muscle son jeu face aux géants des puces avec une nouvelle usine géante



PolitiqueEn Ligne 5 joursUn millier de vacanciers évacués en urgence face à un incendie qui ravage les Pyrénées-Orientales



NewsEn Ligne 3 joursUn corps repêché dans le canal Saint-Martin après plusieurs jours dans l’eau








