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De l exil forcé à l usine de fruits secs le combat de Fatima pour s en sortir

Des millions d Afghans chassés du Pakistan et d Iran peinent à se réintégrer. Pourtant certaines femmes comme Fatima retrouvent un peu d espoir grâce à…

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De l exil forcé à l usine de fruits secs le combat de Fatima pour s en sortir

Des millions d Afghans chassés du Pakistan et d Iran peinent à se réintégrer. Pourtant certaines femmes comme Fatima retrouvent un peu d espoir grâce à des usines soutenues par l ONU.

Fatima Ibrahimi a 21 ans et elle est la seule à travailler dans sa famille de six personnes. Il y a quatre ans, elle avait quitté l Afghanistan avec les siens pour chercher du travail en Iran. Là bas elle était employée dans des serres ou comme couturière. Mais Téhéran a durci sa politique contre les Afghans et Fatima a dû rentrer. Comme elle, plus de six millions d Afghans vivant au Pakistan et en Iran ont été forcés de revenir depuis fin 2023. Deux millions de plus devraient suivre cette année selon le Haut commissariat aux réfugiés. Le retour a été brutal. En Afghanistan le marché du travail est saturé et la crise humanitaire est l une des plus graves au monde. Un rapport du Programme des Nations unies pour le développement a montré que seuls 3% des ménages revenus comptaient une personne avec un emploi formel.

Fatima a eu de la chance. Grâce au Pnud elle a été embauchée dans une usine de conditionnement de fruits secs à Mazar e Sharif dans le nord du pays. Chaque jour elle trie des raisins secs pendant huit heures pour 200 Afghanis, soit environ 2,6 euros. Les femmes ne sont pas autorisées à faire des études en Afghanistan sous le régime taliban. Pour Fatima ce travail est une véritable bouffée d air. Cheveux recouverts d un voile vert et masque sur le visage, elle explique que c est une opportunité rare. L usine s appelle TAK et emploie 400 personnes. Son propriétaire Jamil Rahimi précise que 40% des employés sont des Afghans rentrés d Iran ou du Pakistan et que la majorité sont des femmes. Il espère que d autres entrepreneurs suivront son exemple pour aider les migrants à retrouver une vie normale. Le Pnud forme le personnel et l administrateur du programme Alexander de Croo assure que l investissement privé ne résoudra pas tout mais qu il peut être utilisé avec prudence.

À quelques kilomètres de là, un autre projet redonne le sourire à des femmes contraintes au retour. Dans un centre de tissage de tapis construit avec l ONG Acted, Aydin Sadat a retrouvé un peu de joie. Cette jeune fille de 18 ans raconte avoir beaucoup pleuré et perdu le moral en revenant d Iran. Elle pensait ne pas pouvoir vivre ici et voulait repartir. Mais après une formation elle tisse des tapis. Mon moral s est amélioré dit elle. J ai trouvé des amis et un psychothérapeute m a aidée. Économiquement la vie continue. Elle espère que d autres migrants pourront être aidés car beaucoup de filles comme elle revenues du Pakistan ou d Iran sont déçues. La directrice du centre Saliha Ahmadzai rappelle que le manque d emplois pour les femmes est un vrai défi et que la pauvreté s intensifie chaque jour en Afghanistan. Mais pour Fatima et Aydin, ces opportunités prouvent que malgré tout un chemin est possible.

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