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L’Iran rassemble ses fidèles pour un adieu monumental à son guide suprême

Des centaines de milliers d’Iraniens affluent vers Téhéran pour les funérailles d’Ali Khamenei, tué en février dans une frappe israélo-américaine. Le…

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L'Iran rassemble ses fidèles pour un adieu monumental à son guide suprême

Des centaines de milliers d’Iraniens affluent vers Téhéran pour les funérailles d’Ali Khamenei, tué en février dans une frappe israélo-américaine. Le régime mise sur cette démonstration de force alors que le fragile cessez-le-feu avec Washington tient._

La capitale iranienne vit au rythme d’un deuil national inédit. Depuis vendredi soir, la foule s’agglutine devant la Grande Mosalla, ce complexe religieux et politique où repose la dépouille du guide suprême. Les autorités espèrent accueillir entre 15 et 20 millions de personnes rien que dans Téhéran. Des chiffres vertigineux qui donnent le ton de ces obsèques de six jours. Sur les murs du site, les portraits de l’ayatollah côtoient des drapeaux noirs et rouges. Ces derniers rappellent que la mort de Khamenei, survenue le 28 février sous les bombes, est vécue comme un martyre par ses partisans. Pour accueillir la marée humaine, plus de 400 tentes du Croissant-Rouge ont été dressées dans un grand parc de la ville. Des camions-citernes sont prêts à rafraîchir la foule alors que le thermomètre dépasse les 35 degrés. Beaucoup ont préparé leurs maisons pour héberger les voyageurs venus de tout le pays, comme le raconte Ezzat Shoaï, une enseignante de 61 ans. Elle veut accueillir les pèlerins chez elle avant de dire adieu à son guide.

L’événement ne se limite pas à une ferveur populaire. Il a aussi une dimension politique évidente. Vendredi, avant l’ouverture au public, plusieurs cadres du régime se sont recueillis devant le cercueil. Le président Massoud Pezeshkian, le chef du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et Ahmad Vahidi, à la tête des Gardiens de la Révolution, étaient présents. Mais ce sont surtout les délégations étrangères qui marquent le contexte géopolitique. Le Premier ministre pakistanais Shebaz Sharif, médiateur entre Téhéran et Washington, l’ancien président russe Dmitri Medvedev, des responsables saoudiens et turcs, ainsi que des représentants des talibans, du Hezbollah libanais et du Hamas palestinien ont fait le déplacement. Un signe que le régime iranien cherche à afficher sa force et ses alliances dans la région, alors qu’un protocole d’accord fragile a été signé avec les États-Unis en juin.

Le cortège funèbre traversera Téhéran lundi avant de rejoindre la ville sainte de Qom mardi. La dépouille de Khamenei, enveloppée dans un drapeau iranien, sera ensuite transportée en Irak mercredi pour un passage dans deux sanctuaires chiites. L’inhumation finale est prévue le 9 juillet à Machhad, sa ville natale dans le nord-est du pays. Une question flotte sur ces cérémonies : celle de la présence de son successeur, son fils Mojtaba Khamenei. Blessé lors des frappes qui ont tué son père, ce dernier n’a pas été vu en public depuis sa prise de fonction en mars. Il ne s’exprime que par des comptes qui lui sont attribués, laissant planer le doute sur sa capacité à apparaître dans cette foule en deuil. Aux côtés du cercueil du guide reposent ceux de ses proches tués avec lui au premier jour de la guerre, dont une petite-fille de 14 mois. Une image qui résume la tragédie personnelle derrière le spectacle politique.

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