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Troisième canicule en deux mois la France suffoque

Pour la troisième fois en quelques semaines, une vague de chaleur intense frappe la quasi-totalité du pays. Les nappes phréatiques s’assèchent, les…

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Troisième canicule en deux mois la France suffoque

Pour la troisième fois en quelques semaines, une vague de chaleur intense frappe la quasi-totalité du pays. Les nappes phréatiques s’assèchent, les incendies se multiplient et des feux d’artifice du 14 juillet sont annulés.

Ce mercredi, 67 départements sont placés en vigilance orange canicule. Les températures ont grimpé jusqu’à 41,3°C à Angoulême, 40,7°C à Bordeaux et 40,3°C à Carcassonne mardi. L’indicateur thermique national, qui fait la moyenne des températures diurnes et nocturnes, a atteint 25,8°C lundi. Cela fait trois jours d’affilée au-dessus de 23,4°C, un seuil qui définit une vague de chaleur. C’est la deuxième vague de l’année après celle de juin, et le troisième épisode caniculaire en moins de deux mois si l’on compte celui de fin mai, remarquablement précoce. Un signe qui parle de lui-même: plus de la moitié des 53 vagues de chaleur recensées depuis 1947 sont survenues après 2010.

Les conséquences se lisent aussi sous terre. Les réserves d’eau souterraines se dégradent à grande vitesse. Au 1er juillet, 93% des nappes étaient en baisse, contre 77% un mois plus tôt. Plus de la moitié d’entre elles, 54%, se trouvaient en dessous de leur niveau normal. Une situation bien moins bonne qu’il y a un mois, quand on la jugeait encore globalement satisfaisante. À la surface, la sécheresse combinée à la chaleur nourrit les incendies. Dans les Pyrénées-Orientales, un feu a brûlé près de 5 000 hectares et forcé l’évacuation de 12 000 personnes. Dans la Drôme, un autre incendie a ravagé 1 400 hectares. Le risque de feu est jugé très élevé dans sept départements du sud et élevé dans 47 autres.

Cette chaleur pèse sur le quotidien. À Grenoble, une assistante maternelle emmène les enfants dans un parc équipé d’un brumisateur. Elle achète des piscines, les met dans l’eau, et dit qu’il faut s’habituer, malheureusement. Dans une pharmacie de Bordeaux, les couvertures de survie à fixer sur les fenêtres et les brumisateurs sont en rupture de stock à cause d’une tendance sur TikTok. Les sels de réhydratation cartonnent aussi. À Rennes, un égoutier qui travaille dès l’aube avec des horaires modifiés confie que cette chaleur inhabituelle tire sur l’organisme. C’est souvent après la vague qu’on accuse le coup, dit-il, on se sent plus fatigué.

Face à la sécheresse et aux risques d’incendie, plusieurs communes ont déjà annulé leurs feux d’artifice du 14 juillet en Bretagne, dans les Deux-Sèvres, la Vienne et la Creuse. Et ce n’est peut-être qu’un début. Un phénomène El Niño est en train de se former et pourrait battre des records d’intensité dans les mois à venir. Combiné au changement climatique provoqué par les émissions de gaz à effet de serre, il augmente la probabilité d’événements météorologiques extrêmes. Le dernier El Niño avait déjà contribué à faire de 2023 la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée et de 2024 l’année la plus chaude de tous les temps.

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