Monde
À Cuba, la crise s’aggrave et la colère reste interdite
Human Rights Watch accuse Washington et La Havane de laisser les Cubains ordinaires payer le prix fort, entre un blocus qui étrangle l’économie et une…


Human Rights Watch accuse Washington et La Havane de laisser les Cubains ordinaires payer le prix fort, entre un blocus qui étrangle l’économie et une répression qui musèle toute contestation.
Le constat est sans appel. Dans un rapport intitulé « Buscando vida », ce qui signifie « chercher un moyen de survivre », Human Rights Watch dresse un tableau glaçant de la vie quotidienne à Cuba. L’ONG pointe du doigt l’embargo pétrolier imposé par les États-Unis en janvier dernier. Selon elle, cette mesure aggrave directement la crise énergétique du pays, ce qui se traduit par des coupures d’électricité interminables, des pénuries d’eau potable et un ralentissement des services publics.
Les conséquences sont concrètes pour des millions de Cubains. Le rapport décrit des matins où la priorité n’est pas de partir travailler, mais d’attendre le retour de l’eau et du courant. Ensuite, il faut chercher de quoi se nourrir, trouver une source de revenus ou dénicher des médicaments. L’ONG cite des dizaines de témoignages recueillis sur place. La population lutte chaque jour pour sa survie, dans une détérioration des conditions de vie qui touche presque tous les aspects de l’existence.
Mais la crise n’est pas seulement matérielle. Human Rights Watch dénonce aussi l’absence de liberté d’expression sur l’île. Alors que la situation empire, les Cubains n’ont pas le droit de manifester leur mécontentement. Le gouvernement emprisonne ceux qui osent élever la voix. L’ONG estime qu’environ huit cents prisonniers politiques sont actuellement derrière les barreaux. Un chiffre qui illustre le poids de la répression dans un pays où la parole critique est étouffée.
Face à cette double impasse, Human Rights Watch interpelle les deux capitales. Ni la politique de Washington, ni celle de La Havane ne devraient sacrifier le droit des Cubains à se procurer des biens de première nécessité ou à exprimer librement leurs difficultés. La directrice pour les Amériques de l’organisation appelle les deux gouvernements à changer de cap. Avant, prévient-elle, que des vies ne soient mises en danger de façon prévisible et évitable.
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