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Nigel Farage quitte son siège de député pour provoquer un test électoral sur son honnêteté

Accusé d’avoir caché des millions de dons, le chef du parti anti-immigration claque la porte du Parlement. Il veut que ses électeurs décident de son sort.

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Nigel Farage quitte son siège de député pour provoquer un test électoral sur son honnêteté

Accusé d’avoir caché des millions de dons, le chef du parti anti-immigration claque la porte du Parlement. Il veut que ses électeurs décident de son sort.

Nigel Farage a pris tout le monde de court. Ce mardi, le leader de Reform UK a annoncé sa démission du Parlement britannique. Il va se représenter à une élection partielle dans sa circonscription de Clacton-on-Sea. Son objectif est clair : faire des habitants les juges de son comportement. Depuis plusieurs semaines, l’ancienne figure du Brexit est dans la tourmente. Il n’a pas déclaré des dons importants reçus de riches soutiens juste avant son élection en juillet 2024. Le comité d’éthique du Parlement enquête notamment sur un don de 5 millions de livres (5,7 millions d’euros) versé par Christopher Harborne, un milliardaire des cryptomonnaies. Farage assure n’avoir rien fait de mal et affirme avoir utilisé une partie de cet argent pour financer sa sécurité. Il se présente comme la cible d’attaques politiques et médiatiques. Pourtant, les faits sont têtus : les députés doivent déclarer tout argent reçu dans l’année précédant leur élection, sauf si cela n’a pas de lien avec la politique.

Cette affaire éclate au mauvais moment pour Reform UK. Le parti anti-immigration connaît une ascension fulgurante depuis des mois. Il domine les sondages et a remporté les dernières élections locales en mai. Mais la dynamique semble ralentir. En se mettant en retrait, Farage a choisi la contre-attaque. Sa démission met en suspens l’enquête du comité d’éthique. S’il est réélu, elle pourra reprendre. Le Premier ministre Keir Starmer a qualifié cette décision de « manœuvre désespérée ». La cheffe conservatrice Kemi Badenoch lui demande de répondre aux questions au lieu de provoquer un scrutin « motivé ». Farage, lui, retourne le discours habituel : il dénonce un complot de l’establishment qui ne peut pas le battre à la loyale. Donald Trump, son ami, lui a apporté son soutien sur Truth Social.

Les ennuis de Farage ne se limitent pas à ce don. Le Sunday Times a révélé qu’il n’avait pas déclaré des services de sécurité, un hébergement et une aide pour sa communication sur les réseaux sociaux, le tout financé par un autre entrepreneur en cryptomonnaies, George Cottrell. D’autres allégations concernent des erreurs dans la déclaration de ses biens immobiliers au Royaume-Uni. Si l’enquête avait abouti, il risquait une suspension de la Chambre des communes, ce qui aurait pu déclencher une élection partielle. Farage a donc préféré anticiper. Il espère que Clacton, où plus des trois quarts des électeurs ont voté pour le Brexit en 2016, lui restera fidèle. Le pari est risqué : s’il gagne, l’enquête reprendra. S’il perd, sa carrière politique pourrait prendre un coup d’arrêt. Mais pour l’instant, il mise sur le « peuple contre l’establishment », un argument qui a déjà fait ses preuves.

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