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Faits Divers

« Je n’avais pas le droit de dire stop »

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Sept années de souffrances et d’humiliations ont été racontées devant la cour d’assises des Alpes-de-Haute-Provence, où un homme est jugé pour viols accompagnés d’actes de torture et de barbarie.

Laëtitia R., 42 ans, a livré un témoignage glaçant sur le calvaire qu’elle a subi aux côtés de son ex-compagnon, Guillaume B., 51 ans. Leur relation, débutée en 2015, a rapidement viré au cauchemar. Alors que la première nuit fut ordinaire, la suivante fut marquée par une gifle, et la troisième par une violence extrême. L’ancienne préparatrice en pharmacie, aujourd’hui reconnue handicapée entre 50 et 80 pour cent, n’avait jamais pratiqué le sadomasochisme avant cette rencontre.

La question du consentement est au centre des débats. Les pratiques évoquées à l’audience, des relations sexuelles imposées avec des inconnus aux entailles au cutter en passant par un tatouage dégradant, ne sont pas contestées par la défense. Pour l’accusation, l’emprise psychologique et le contrôle total exercé par l’accusé ont progressivement anéanti toute volonté chez la plaignante. Guillaume B., lui, conteste fermement avoir forcé son ex-compagne, affirmant que l’emprise était « désirée et non subie ». Il nie être un monstre.

La cour dispose de nombreux éléments, dont des enregistrements audio des relations sexuelles et des milliers de messages téléphoniques. Pour l’avocat de Laëtitia, ces preuves démontrent l’emprise totale de son client, qui empêchait toute tentative de fuite. La défense y voit au contraire la preuve d’un consentement. La présidente de la cour a annoncé que des enregistrements seraient diffusés pour permettre au public de juger par lui-même.

Laëtitia a décrit des rendez-vous hebdomadaires imposés. Son ancien compagnon venait chaque lundi pour la frapper, l’humilier et récupérer l’argent gagné lors de relations tarifées avec d’autres hommes. Elle n’avait pas le droit d’utiliser un mot de secours pour arrêter les pratiques, et toute tentative d’opposition entraînait des punitions plus sévères. Elle a depuis acheté des livres sur les pratiques BDSM pour comprendre ce qui est acceptable ou non.

Des membres d’un collectif féministe sont présents au tribunal en soutien à la plaignante, arborant des pancartes reprenant la formule de Gisèle Pélicot. Une amie de la victime avait finalement alerté la police en 2022, conduisant à l’interpellation de Guillaume B. Des armes à feu non déclarées ont été découvertes lors des perquisitions près de son lit.

Plusieurs témoins ont décrit un homme charismatique et impulsif. Un ancien voisin du couple, qui a eu une relation avec la plaignante après les faits, a avoué avoir honte d’avoir augmenté le volume de la télévision pour couvrir ses cris de douleur. L’ex-femme de l’accusé a raconté avoir été menacée avec un fusil de chasse et que son ex-mari lui avait demandé de lui obéir et avait voulu l’offrir à d’autres hommes. Son fils de 17 ans se souvient avoir vu Laëtitia couverte de bleus, décrivant son père comme violent et autoritaire.

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