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L’inculpation de Raul Castro par la justice américaine provoque la colère de La Havane

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La décision de Washington de mettre en examen l’ancien président cubain pour des faits remontant à près de trente ans suscite une vive indignation sur l’île et ravive les tensions entre les deux pays.

L’annonce faite mercredi par le département américain de la Justice a provoqué un profond malaise à Cuba. Raul Castro, figure historique du régime communiste aujourd’hui âgé de 94 ans, est accusé d’avoir participé à un complot visant à assassiner des citoyens américains en 1996. Cette année-là, deux appareils civils appartenant à une association anticastriste avaient été abattus, entraînant la mort de quatre personnes. Ce dossier, longtemps resté dans les cartons, resurgit aujourd’hui dans un climat diplomatique déjà très tendu.

Dans les rues de La Havane, les réactions oscillent entre stupéfaction et colère. Un comptable de trente ans interrogé estime que cette procédure n’est pas une simple accusation judiciaire mais une attaque publique délibérée contre une personnalité politique. Un retraité de soixante-cinq ans dénonce quant à lui ce qu’il considère comme une injustice, ajoutant que les mesures économiques imposées par les États-Unis, notamment le blocus énergétique, aggravent encore la situation. Le journal officiel Granma a appelé à un rassemblement pour protester contre ce qu’il qualifie d’acte méprisable, affirmant que ni les menaces ni les sanctions ne viendront à bout de la détermination du peuple cubain à défendre sa révolution.

Le président américain Donald Trump a salué cette inculpation comme un grand jour, tout en précisant qu’une escalade n’était pas nécessaire. De son côté, le ministre américain de la Justice par intérim a déclaré s’attendre à ce que Raul Castro soit un jour jugé et incarcéré aux États-Unis, sans toutefois établir de parallèle avec le cas du président vénézuélien Nicolas Maduro, arrêté en janvier et détenu depuis sur le sol américain.

La Havane a immédiatement réagi par la voix de son chef de l’État, Miguel Diaz-Canel, qui a dénoncé une manœuvre politique dépourvue de tout fondement juridique. Selon lui, cette accusation s’inscrit dans un scénario plus large visant à justifier une éventuelle agression militaire contre l’île. La Chine a également exprimé son opposition ferme à ce qu’elle considère comme un abus de la justice et des sanctions unilatérales, appelant Washington à cesser de brandir la menace de la force.

Ces événements interviennent alors que les relations entre les deux pays sont au plus bas. Outre l’embargo en vigueur depuis 1962, les États-Unis ont imposé depuis janvier un blocus pétrolier total à Cuba, aggravant une crise économique et énergétique déjà sévère. Le porte-avions américain Nimitz a par ailleurs été déployé dans le sud de la mer des Caraïbes, une démonstration de force qui, selon des responsables américains cités par la presse, n’est pas destinée à des opérations militaires mais envoie un signal clair.

Le vice-ministre cubain des Affaires étrangères a prévenu que toute tentative d’utiliser cette inculpation pour agir contre les dirigeants cubains se heurterait à une résistance farouche de la population.

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