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Le chef de l’armée pakistanaise se rend à Téhéran alors que Washington met en garde contre une issue incertaine

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Les efforts diplomatiques s’intensifient pour sortir du conflit américano-iranien, tandis que Donald Trump prévient que la balance penche entre un accord et une escalade.

Le général Asim Munir, puissant commandant de l’armée pakistanaise, est attendu ce jeudi dans la capitale iranienne pour y poursuivre les échanges avec les autorités locales, ont rapporté plusieurs médias dont l’agence Isna. Cette visite s’inscrit dans le cadre des tentatives de médiation menées par Islamabad entre les États-Unis et l’Iran. Le Pakistan, qui s’efforce de jouer les intermédiaires, a déjà dépêché à deux reprises son ministre de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, ces derniers jours. Ce dernier avait apporté avec lui la dernière proposition américaine, que Téhéran affirme étudier.

La République islamique maintient toutefois ses conditions pour un éventuel règlement. Elle exige le dégel de ses avoirs bloqués à l’étranger ainsi que la levée du blocus maritime imposé par les États-Unis sur ses ports. Les autorités iraniennes ont répété qu’elles ne céderaient jamais à l’intimidation. De leur côté, les Gardiens de la Révolution ont averti qu’ils étaient prêts à étendre le conflit bien au-delà de la région.

Depuis l’entrée en vigueur d’une trêve fragile le 8 avril, après plus d’un mois d’hostilités, les discussions piétinent. Les deux camps campent sur leurs positions et multiplient les déclarations belliqueuses. Une seule séance de négociations directes, infructueuse, s’est tenue le 11 avril au Pakistan. Depuis, les tractations se déroulent en coulisses. Le conflit, déclenché par une offensive israélo-américaine contre Téhéran le 28 février, a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, où le Hezbollah, allié de l’Iran, a attaqué Israël. Ce dernier a ensuite envahi le sud du Liban et poursuit ses frappes malgré le cessez-le-feu.

Mercredi, le président américain a déclaré que la situation se jouait sur un fil. « Soit nous parviendrons à un accord, soit nous prendrons des mesures un peu plus sévères », a-t-il affirmé, ajoutant qu’un accord avec l’Iran permettrait d’économiser beaucoup de temps, d’énergie et de vies. Il a estimé qu’une issue pourrait être trouvée très rapidement, peut-être dans les jours à venir.

Ce regain d’espoir a provoqué une baisse des cours du pétrole, même si le baril de Brent de la mer du Nord reste à 105 dollars, soit 50 % de plus qu’avant le début du conflit. Les Bourses européennes ont ouvert avec prudence jeudi, dans l’attente de développements.

Par ailleurs, des médias américains évoquent des divergences stratégiques entre Donald Trump et son allié israélien, Benjamin Netanyahu. Selon CNN et CBS, les deux hommes ont eu un entretien téléphonique tendu mardi, au cours duquel le président américain aurait été très directif. « Il fera ce que je veux qu’il fasse », aurait lancé M. Trump. Ces informations suggèrent que Washington continue de pousser pour une solution diplomatique, tandis qu’Israël souhaiterait reprendre les combats. Danny Citrinowicz, chercheur à l’Institut d’études de sécurité nationale de l’université de Tel-Aviv, estime que le scénario cauchemardesque pour Netanyahu serait un accord qui pourrait mettre fin à la guerre. Il rappelle qu’Israël vise à terme le renversement de la République islamique, alors que les États-Unis privilégient avant tout la prévention de la nucléarisation iranienne, quitte à trouver un compromis avec le régime en place.

La guerre a gravement perturbé l’économie mondiale, avec une flambée des prix du pétrole et des pénuries de matières premières, en raison du quasi-blocage du détroit d’Ormuz par Téhéran. Ce passage stratégique, par lequel transitaient auparavant un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux, reste sous le contrôle de l’Iran. Téhéran a officialisé cette semaine la création d’une autorité chargée de superviser cette voie maritime, et potentiellement de faire payer des droits de passage. Cette entité, baptisée Autorité du détroit du Golfe Persique, a revendiqué jeudi une zone de contrôle s’étendant jusqu’aux eaux situées au sud du port émirati de Fujaïrah, au cœur des efforts d’Abou Dhabi pour contourner le blocage du détroit.

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