Société
_**Un feu vert parlementaire pour un bond historique du budget militaire**_
Les députés ont massivement adopté la révision de la loi de programmation militaire, ouvrant la voie à 36 milliards d’euros de crédits supplémentaires pour les armées d’ici 2030.
Deux ans et demi après le vote initial, le Palais Bourbon a donné son aval, mardi, à une actualisation majeure de la trajectoire financière des forces armées. Ce texte, qui doit porter l’enveloppe globale à 436 milliards d’euros sur la période, a recueilli 440 voix favorables contre 122. La ministre des Armées a salué une réponse à l’accélération des menaces, tout en reconnaissant la nécessité d’un prochain texte sur le format des armées, une décision qui reviendra au futur président de la République.
Le Rassemblement national et les socialistes ont joint leurs suffrages à ceux de la majorité, estimant que ce rattrapage corrigeait un sous-financement initial. À gauche, les oppositions ont dénoncé des dispositions jugées liberticides, au-delà du seul volet budgétaire. Le texte poursuit désormais son parcours au Sénat, où il sera examiné le 2 juin.
Cette nouvelle feuille de route, qui devra être confirmée chaque année lors du débat budgétaire, vise un effort annuel de 76,3 milliards d’euros en 2030, soit 2,5 % du produit intérieur brut. Si elle ne modifie pas le format des armées, elle accentue les investissements dans les munitions, les obus et les drones, considérés comme des priorités opérationnelles.
Le projet introduit également un régime exceptionnel, activable par décret en conseil des ministres en cas de menace grave et imminente. Ce dispositif permettrait de déroger à certaines normes environnementales ou d’urbanisme, par exemple pour construire des infrastructures militaires sans passer par les procédures habituelles de protection des espèces. La ministre a assuré que les libertés individuelles ne seraient pas touchées, mais l’opposition de gauche a jugé les critères de déclenchement trop flous et redouté un affaiblissement des contre-pouvoirs.
Le texte autorise aussi les opérateurs privés, comme les aéroports, à utiliser des dispositifs de brouillage contre les drones, et à déléguer cette mission à des sous-traitants, une réponse aux intrusions répétées sur des sites sensibles. Il encadre par ailleurs la liberté d’expression des agents du renseignement et la mobilité professionnelle de certains scientifiques, tout en élargissant le recours aux algorithmes pour exploiter les données de connexion dans le cadre de la défense nationale ou de la lutte contre la criminalité organisée.
Plusieurs mesures visant la jeunesse ont suscité des critiques. La transformation de la Journée défense et citoyenneté en Journée de mobilisation, recentrée sur les enjeux militaires, a été dénoncée par la gauche comme une tentative de banaliser la guerre. Certains élus, tout en votant pour le texte, ont exprimé des réserves, estimant que les bouleversements internationaux imposaient de ne pas priver les armées des moyens nécessaires à leur adaptation stratégique.
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