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Des actionnaires de Samsung contestent l’accord sur le partage des profits liés à l’IA

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Un groupe d’actionnaires de Samsung Electronics estime que le compromis signé avec les syndicats, prévoyant le versement de primes indexées sur les bénéfices du secteur des semi-conducteurs, est contraire au droit sud-coréen et menace de le contester en justice.

Un collectif d’actionnaires influent du géant sud-coréen des semi-conducteurs a exprimé son opposition à l’accord conclu entre la direction de Samsung Electronics et les organisations syndicales. Ce texte prévoit notamment le partage des profits exceptionnels générés par l’essor de l’intelligence artificielle. Ce compromis, qui a permis d’éviter une grève de grande ampleur, est jugé illégal par ce groupe, qui menace d’engager des poursuites judiciaires.

L’accord de principe, dévoilé jeudi, prévoit une augmentation salariale moyenne de 6,2% assortie d’avantages complémentaires. Surtout, il instaure une enveloppe de primes équivalant à 10,5% du résultat de la division phare des semi-conducteurs, sans plafond de versement, sous réserve d’atteindre des objectifs annuels de bénéfice d’exploitation. Ce texte doit encore être soumis au vote des salariés syndiqués, qui débutera samedi et s’achèvera le 28 mai.

L’organisation baptisée « Korea Shareholder Action Headquarters » a toutefois contesté la validité juridique de certaines dispositions. Lors d’un rassemblement organisé près de la résidence du président de Samsung Electronics, Lee Jae-yong, ses représentants ont affirmé que les négociations portant sur des primes liées au bénéfice d’exploitation n’avaient pas été soumises à une résolution en assemblée générale des actionnaires. Ils estiment que ces clauses sont dépourvues de fondement légal au regard du droit sud-coréen. Le groupe prévient qu’il utilisera tous les moyens légaux à sa disposition pour bloquer tout décaissement de fonds si l’accord était entériné sans respecter les procédures requises.

Ce conflit social intervient dans un contexte de forte croissance pour Samsung Electronics, portée par l’explosion de la demande en puces mémoires liée au développement de l’intelligence artificielle. Au premier trimestre 2026, le groupe a multiplié par plus de six son bénéfice net sur un an, atteignant 27 milliards d’euros. Une partie des primes prévues sera versée sous forme d’actions, une pratique courante dans la Silicon Valley. Les syndicats dénonçaient jusqu’alors un manque de transparence sur les rémunérations variables et un écart jugé criant avec les primes versées par SK Hynix, un concurrent direct. Le principal syndicat, SELU, affirmait que les employés de SK Hynix avaient perçu l’an dernier des primes plus de trois fois supérieures à celles de Samsung, provoquant une fuite des talents.

L’impact économique d’une grève aurait été considérable. Samsung Electronics représente à lui seul 12,5% du produit intérieur brut de la Corée du Sud, et les puces mémoires constituent 35% des exportations du pays. Une grève aurait également pu perturber l’industrie technologique mondiale, Samsung étant le premier fournisseur mondial de ces composants essentiels aux serveurs de centres de données, aux smartphones et aux véhicules électriques. Signe du soulagement général suscité par l’évitement du mouvement social, l’action Samsung a bondi de 7,7% jeudi à la Bourse de Séoul.

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