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Sous la canicule les céréaliers troquent le jour contre la nuit

Pour éviter les incendies et les coups de chaud les agriculteurs de l’Ouest de la France ont bouleversé leur planning. Leurs moissonneuses tournent…

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Sous la canicule les céréaliers troquent le jour contre la nuit

Pour éviter les incendies et les coups de chaud les agriculteurs de l’Ouest de la France ont bouleversé leur planning. Leurs moissonneuses tournent désormais de l’aube à la nuit noire.

Dans la plaine céréalière d’Aunis, près de La Rochelle, les récoltes ne ressemblent plus à ce qu’elles étaient. Les températures frôlent les 40 degrés, parfois plus. Du coup les agriculteurs ont changé leurs horaires. Ils commencent très tôt le matin et poursuivent le soir jusqu’à tard dans la nuit. Objectif ménager les corps et limiter les risques de départ de feu. Muriel Penon, céréalière et éleveuse de vaches limousines installée à Virson en Charente-Maritime, raconte que la moissonneuse-batteuse de son mari Vincent est tombée en panne en pleine matinée. La faute à la chaleur qui perturbe l’électronique des machines. Stéphane Baron, leur voisin, confirme que quand le thermomètre dépasse les 40 degrés, les engins n’aiment pas ça. Et ce n’est pas le seul problème.

Le vrai cauchemar, c’est le feu. Les poussières sèches s’accumulent sur les parties chaudes des moissonneuses. Une simple étincelle et tout peut flamber. Les trois céréaliers passent plus d’une heure chaque jour à nettoyer la machine au souffleur pour enlever les résidus. Muriel Penon avoue qu’elle est sans arrêt en train de renifler. C’est au nez qu’on sent si le feu commence. Lundi, une lame était brûlante. Ils ont dû verser de l’eau pour la refroidir, à deux doigts de voir la machine s’embraser. La préfecture de Charente-Maritime a d’ailleurs interdit les récoltes de grandes cultures, la fenaison et le pressage entre 14 heures et 19 heures. Muriel trouve cette mesure du bon sens avec une chaleur pareille, prendre le risque d’un malaise ou d’un incendie serait débile.

Pour respecter l’interdiction et avancer le travail, les agriculteurs moissonnent donc la nuit. Ce n’est pas dans leurs habitudes. Lundi soir, Muriel et son mari ont terminé à deux heures du matin. Même avec les éclairages des machines, on voit moins bien, dit-elle. La coopérative Terre Atlantique a aussi adapté ses horaires. Ses silos ouvrent de 8 heures à 14 heures puis de 20 heures à 2 heures du matin. Le salarié Thomas Vinet explique qu’il fait plus agréable la nuit, ça devient respirable alors que la matinée est étouffante. Ces canicules se répètent 2003, 2019, 2022 et maintenant 2026. Les années se rapprochent. Et les moissons arrivent de plus en plus tôt, ce qui complique le recrutement dans les silos parce que les jeunes sont en plein examens. Pour faire face au changement climatique, Muriel et son mari expérimentent des solutions planter des haies, installer des couverts végétaux entre deux cultures. Ils réfléchissent même à cultiver du lin, qui demande moins d’eau, ou du miscanthus, à condition de trouver des débouchés.

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