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Siffler l’hymne national est‑ce un droit ou une provocation ? Un maire LFI s’explique

Le nouveau maire de Saint‑Denis, Bally Bagayoko, a provoqué un tollé en affirmant que siffler la Marseillaise peut être un « droit légitime » de…

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Siffler l'hymne national est‑ce un droit ou une provocation ? Un maire LFI s'explique

Le nouveau maire de Saint‑Denis, Bally Bagayoko, a provoqué un tollé en affirmant que siffler la Marseillaise peut être un « droit légitime » de contestation. Face aux accusations d’incitation à la haine, il se défend et appelle à ne pas nier la francité de ceux qui expriment ainsi leur colère.

Dans une interview au journal L’Opinion, le maire LFI de Saint‑Denis a relancé un débat sensible. Il a estimé que lorsque la France « se déshonore à l’international », les citoyens ont le droit de répondre en sifflant l’hymne national. Une déclaration qui a immédiatement suscité l’indignation à droite et à l’extrême droite. Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a dénoncé un « cynisme électoral » et interrogé sur la haine de nos symboles nationaux. Mais Bally Bagayoko ne recule pas. Il assume le choc politique et tente de recadrer le débat.

Le maire a publié un communiqué jeudi pour clarifier sa pensée. « Expliquer un phénomène n’a jamais signifié l’encourager », affirme‑t‑il. Selon lui, chercher à comprendre pourquoi, dans des circonstances exceptionnelles, la Marseillaise est sifflée relève de l’analyse, pas de l’incitation. Il insiste sur un point clé : ceux qui sifflent ne sont pas des étrangers ou des ennemis de la France. Ce sont aussi « des Français à part entière », qui votent, travaillent et paient leurs impôts. Réduire ces personnes à des « anti‑France » serait une erreur et une injustice, selon lui. Il rappelle que la contestation de la forme ne doit pas faire oublier l’appartenance à la communauté nationale.

Les réactions politiques ne se sont pas fait attendre. Othman Nasrou, secrétaire général du parti Les Républicains, a estimé que LFI franchissait une nouvelle étape en assumant « la haine de la France ». Le débat dépasse donc le simple geste dans les stades : il touche à la symbolique républicaine, au sentiment d’appartenance et à la manière dont la gauche radicale parle des quartiers populaires et de l’identité nationale. En rappelant que certains manifestants sont aussi des citoyens français, Bagayoko cherche à déplacer la ligne : la Marseillaise sifflée ne serait pas un rejet de la nation, mais une forme de critique adressée à l’État. Reste à savoir si cet argument convaincra au‑delà de ses soutiens.

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