Société
Renault la colère gronde contre la disparition des postes d’ingénieurs
Près d’une centaine de salariés ont manifesté jeudi à Guyancourt pour dénoncer la fermeture d’un site d’ingénierie et un plan de départs qui touche 800…


Près d’une centaine de salariés ont manifesté jeudi à Guyancourt pour dénoncer la fermeture d’un site d’ingénierie et un plan de départs qui touche 800 personnes. Derrière les arguments de compétitivité, les syndicats dénoncent un « plan social déguisé ».
Sous un soleil de plomb, les drapeaux syndicaux ont flotté devant le technocentre Renault à Guyancourt. La centaine de manifestants, appelés par la CGT et SUD, n’avaient qu’une cible en tête : la décision de fermer d’ici fin 2027 le site de Villiers-Saint-Frédéric, dans les Yvelines. Un coup de massue pour les 500 salariés et 350 prestataires qui y travaillent. « Cette annonce brutale, du jour au lendemain, a beaucoup de mal à passer, on n’est pas prêts », confie Corinne, employée depuis trente ans sur place. Elle juge « dérisoires » les indemnités proposées par la direction pour ceux qui devront tous être transférés vers le technocentre de Guyancourt.
Le rassemblement intervient au lendemain d’une autre annonce lourde : un plan de départs volontaires pour 800 ingénieurs, principalement en Île-de-France. Renault explique vouloir faire face à la concurrence chinoise et réorganiser son pôle ingénierie. En parallèle, le groupe prévoit de recruter entre 150 et 200 nouveaux ingénieurs en CDI avec des compétences spécifiques. Mais pour Christian Morel, secrétaire de SUD Renault Ampere, c’est un simple tour de passe-passe. « Soit la porte est ouverte pour la rupture conventionnelle collective et les départs soi-disant volontaires, soit il faut trouver une mobilité interne avec de moins en moins d’opportunités parce que les postes disparaissent partout », déplore-t-il.
Du côté des ingénieurs, on doute aussi de la stratégie. Antoine Becherel, qui travaille sur le développement de véhicules utilitaires à Villiers-Saint-Frédéric, ne croit pas à l’argument de la concurrence chinoise pour justifier ces coupes. « En Chine, ils sont très performants, c’est vrai, mais ils sont aussi très nombreux. Et c’est parce qu’ils sont très nombreux qu’ils arrivent à sortir des modèles qui sont maintenant presque aussi bien, voire meilleurs que les nôtres », explique-t-il. Renault compte actuellement 11.000 ingénieurs dans le monde dont la moitié en France, sur un total de 100.000 salariés. Déjà en avril, le groupe avait annoncé vouloir supprimer 15 à 20% des postes d’ingénierie d’ici deux ans, soit environ 12.000 postes. Sans parler de licenciements secs, mais en étudiant reconversions et départs anticipés. Pour les salariés présents jeudi, l’avenir reste plus bouché que jamais.
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