Économie
Quand l’électricité britannique prend le large vers la France
Au Royaume-Uni, l’opposition accuse le gouvernement de faire payer les ménages pour une énergie éolienne qui finit en France. Une affaire qui mêle…


Au Royaume-Uni, l’opposition accuse le gouvernement de faire payer les ménages pour une énergie éolienne qui finit en France. Une affaire qui mêle saturation du réseau et contrats mal calibrés.
Derrière les chiffres et les câbles sous-marins, il y a une réalité qui fait bondir les conservateurs britanniques. Les consommateurs du Royaume-Uni paient des subventions pour l’électricité produite par les éoliennes installées sur leurs côtes. Mais quand le vent souffle fort et que le réseau est trop engorgé, cette électricité ne peut pas être transportée vers le sud de l’Angleterre, là où la demande est la plus forte. Le surplus est alors automatiquement envoyé vers l’Europe, notamment la France, via des interconnexions sous-marines. Pendant ce temps, des centrales à gaz locales tournent pour compenser le vide.
Ce paradoxe trouve son origine dans le système des « Contracts for Difference », un mécanisme mis en place pour encourager les investissements dans l’éolien offshore. Le Royaume-Uni est devenu un leader mondial dans ce domaine, mais la majorité des parcs se trouve en Écosse, loin du sud densément peuplé. Les lignes à haute tension ne suffisent pas à transporter tout le courant. Résultat, l’énergie subventionnée par les ménages britanniques s’exporte vers le continent, tandis que les Britanniques paient aussi le gaz qui comble le manque. Octopus Energy, le principal fournisseur d’électricité du pays, estime que ces anomalies pourraient coûter 16 milliards de livres, soit 18,5 milliards d’euros, d’ici 2050 si les investissements dans le réseau ne sont pas accélérés.
L’opposition conservatrice y voit une raison de plus pour tacler le gouvernement de Keir Starmer, déjà fragilisé. Mais les partisans d’une coopération énergétique avec l’Europe rappellent que cette situation reste exceptionnelle. Sur l’année, le Royaume-Uni importe bien plus d’électricité qu’il n’en exporte, et dépend fortement du nucléaire français quand le vent faiblit. En 2025, la France était même le premier fournisseur d’énergie du royaume. De quoi relativiser la polémique, mais pas de quoi faire taire les critiques sur un réseau qui coince au mauvais moment.
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