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Pourquoi les scandales n’éclaboussent pas le Premier ministre suédois
Ulf Kristersson enchaîne les polémiques éthiques depuis son arrivée au pouvoir. Pourtant, à quelques mois des législatives, l’opposition n’arrive pas à en…


Ulf Kristersson enchaîne les polémiques éthiques depuis son arrivée au pouvoir. Pourtant, à quelques mois des législatives, l’opposition n’arrive pas à en faire une arme décisive.
Le chef du gouvernement conservateur suédois est sous le feu des projecteurs pour toutes les mauvaises raisons. Ces derniers jours, la presse a révélé que son épouse, pasteure luthérienne, dirige une fondation qui aurait recruté des bénévoles pour rénover un manoir. En échange, ces bénévoles auraient bénéficié d’un accès privilégié à la résidence officielle du Premier ministre. Deux d’entre eux auraient même été nommés à des postes gouvernementaux. Kristersson dément formellement : il assure que la fondation est gérée par sa femme et n’a aucun lien avec ses fonctions. Une journaliste a même affirmé avoir pu pénétrer sans aucun contrôle dans la chambre du couple.
Ce n’est pas la première affaire qui entache son mandat. En 2023, il a embauché un ami d’enfance comme conseiller à la sécurité nationale. Quand ce dernier a laissé traîner des documents classifiés dans un lieu public, le Premier ministre l’a soutenu. Plus récemment, en 2025, il a défendu son ministre de l’Immigration, dont le fils de 16 ans fréquentait des groupes suprémacistes blancs. Sans oublier les accusations de conflit d’intérêts liées aux affaires de sa belle-sœur. Pourtant, malgré la multiplication des révélations, aucune enquête judiciaire sérieuse n’a été ouverte et très peu de voix se sont élevées pour demander sa démission.
Le paradoxe frappe les observateurs. La Suède est classée parmi les pays les moins corrompus au monde, mais ces scandales semblent glisser sur Kristersson. Un professeur de droit spécialiste de la corruption estime que le Premier ministre abuse de son pouvoir de façon quasi continue. Mais il reconnaît que rien n’est techniquement illégal. Le véritable verdict viendra des urnes le 13 septembre. Pour l’instant, les sondages donnent le bloc de droite devancé d’environ dix points par l’opposition. Sauf que ce retard existait déjà avant les dernières révélations. Les analystes expliquent que le gouvernement a surtout souffert de ses réformes controversées sur l’immigration et la criminalité, pas des scandales éthiques.
L’opposition social-démocrate, menée par Magdalena Andersson, dénonce une culture de la corruption installée chez Kristersson. Mais les électeurs semblent peu sensibles à cet argument. Un politologue de l’université de Göteborg avance une explication simple : les Suédois voient peut-être ces affaires comme de la négligence ou un manque de discernement, pas comme un enrichissement personnel flagrant. Sans preuve de gains financiers directs, les scandales n’ont pas assez de mordant pour coller à la peau du Premier ministre. Ils coulent sur lui comme l’eau sur les plumes d’un canard, dit un expert en corruption. Seule une voix notable, celle d’une commentatrice politique, a réclamé son départ. Mais elle est isolée.





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