Politique
Petro étrille le soutien de Trump à un candidat d’extrême droite : « Ce sont des génocidaires et des
Le président colombien, qui quittera le pouvoir en juin après un seul mandat, accuse Washington de pactiser avec « le fascisme mafieux » en appuyant un…
Le président colombien, qui quittera le pouvoir en juin après un seul mandat, accuse Washington de pactiser avec « le fascisme mafieux » en appuyant un avocat millionnaire ayant défendu des paramilitaires.
La tension monte d’un cran entre Bogota et Washington. Gustavo Petro, premier président de gauche de l’histoire récente de la Colombie, a vivement critiqué le soutien « total et complet » de Donald Trump à Abelardo de la Espriella, candidat de droite dure pour le second tour de la présidentielle colombienne. Dans un entretien, il a accusé les États-Unis de s’être alliés à « des génocidaires et des narcotrafiquants ». Un tacle direct, alors que le magnat américain prône une ligne dure contre le crime et la drogue.
Le candidat soutenu par Trump n’est pas un inconnu pour les observateurs colombiens. Abelardo de la Espriella, surnommé « El Tigre », est un homme d’affaires millionnaire et avocat de profession. Il a notamment défendu devant les tribunaux des paramilitaires accusés de narcotrafic. Dans un pays qui reste le premier producteur mondial de cocaïne, Petro voit dans ce soutien une contradiction flagrante. « Je regrette que des gouvernements qui prétendent lutter contre le narcotrafic contribuent à porter au pouvoir politique le crime en Colombie », a-t-il lancé, qualifiant son adversaire de représentant du « fascisme mafieux ».
Derrière cette passe d’armes, c’est toute la rivalité entre deux visions de l’Amérique latine qui se joue. De la Espriella admire ouvertement Trump, mais aussi les présidents salvadorien Nayib Bukele et argentin Javier Milei, tous adeptes d’une rhétorique de « main de fer ». Il promet « la mort ou la prison » pour les membres des organisations criminelles. De son côté, le candidat de gauche Ivan Cepeda, proche de Petro, a dénoncé une « velléité d’ingérence » de Washington, estimant que ce soutien met en danger « la souveraineté et l’intégrité du peuple colombien ». Le second tour est prévu le 21 juin. Et les relations entre Petro et Trump sont déjà exécrables : le républicain a qualifié le président colombien de « chef du narcotrafic », tandis que ce dernier rétorque que c’est la droite colombienne qui « a toujours été liée au narcotrafic ».
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