Politique
Macron recadre une voix du Kremlin en France
Le président français accuse Xenia Fedorova d’être une propagandiste russe depuis 2017. Son renouvellement de titre de séjour en France provoque un tollé…

Le président français accuse Xenia Fedorova d’être une propagandiste russe depuis 2017. Son renouvellement de titre de séjour en France provoque un tollé politique.
Emmanuel Macron n’y est pas allé par quatre chemins. Jeudi, lors d’une visite au Monténégro consacrée à la lutte contre les ingérences étrangères, le chef de l’État a visé directement la chroniqueuse Xenia Fedorova. Il a rappelé qu’en 2017 déjà, devant Vladimir Poutine, il avait dénoncé le rôle de cette femme, alors directrice de la chaîne RT France, une « agence de propagande d’État ». Selon lui, rien n’a changé depuis. « Je pense la même chose », a-t-il asséné, aux côtés du président monténégrin Jakov Milatovic.
Un pavé dans la mare qui tombe dans un contexte tendu. Xenia Fedorova, connue pour défendre la ligne du Kremlin sur les plateaux des médias de Vincent Bolloré, a vu son titre de séjour français renouvelé en 2024. Une décision qui a fait grincer des dents dans la classe politique. Macron a tenu à préciser que le président n’intervient pas dans ces procédures individuelles. « Il y a des règles et des procédures dans notre pays. Il faut qu’elles soient respectées », a-t-il expliqué. Son ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait déjà assuré qu’aucune « intervention » gouvernementale n’avait eu lieu lors de ce renouvellement.
Les réactions, elles, ne se sont pas fait attendre. À droite comme à gauche, plusieurs voix s’élèvent. L’ancien Premier ministre Edouard Philippe estime que « relayer à Paris les positions de la Russie, c’est critiquer la position de la France ». Raphaël Glucksmann, figure de la gauche et possible candidat à la présidentielle, va plus loin. Il réclame qu’on lui « retire le micro », la qualifiant carrément d’« agente russe » au service d’un régime qui menace l’Europe. Des eurodéputés du groupe centriste Renew ont même demandé à l’Union européenne de prendre des sanctions contre cette « propagandiste notoire », accusée de diffuser des récits manipulatoires sur la guerre en Ukraine.
Au-delà de la polémique sur le titre de séjour, c’est toute la question de la désinformation qui est posée. Que fait une voix ouvertement pro-Kremlin dans les médias français ? Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot l’a qualifiée de « propagandiste patentée », un relais de la désinformation russe. Entre liberté d’expression et lutte contre les ingérences, l’affaire Fedorova place la France face à ses contradictions. Une chose est sûre, le débat est loin d’être clos.
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