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Pesticides eau loup les fractures d’une loi d’urgence agricole

Deux ministres s’affrontent à distance sur un texte censé sauver l’agriculture française. Entre pesticides interdits et protection des ressources…

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Pesticides eau loup les fractures d'une loi d'urgence agricole

Deux ministres s’affrontent à distance sur un texte censé sauver l’agriculture française. Entre pesticides interdits et protection des ressources naturelles, le compromis semble plus que jamais fragile.

Le projet de loi d’urgence agricole n’en finit pas de diviser. Alors que les sénateurs ont voté en commission la réintroduction de deux insecticides interdits en France, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a prévenu mercredi que cette décision risquait de faire capoter l’ensemble du texte. Dans son viseur, l’acétamipride et le flupyradifurone, deux substances autorisées ailleurs en Europe mais prohibées sur le territoire français. Un amendement défendu par les sénateurs de la commission des Affaires économiques les réhabiliterait à titre dérogatoire. La ministre parle d’un « risque de débats houleux » et d’une menace directe sur l’adoption définitive de la loi. Elle appelle à réserver ce débat à un autre véhicule législatif, comme la proposition de loi Duplomb déjà partiellement censurée par le Conseil constitutionnel l’été dernier après une pétition de plus de deux millions de signatures.

Pendant ce temps, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut tire la sonnette d’alarme sur deux autres volets du texte. Elle estime que la loi telle qu’adoptée à l’Assemblée nationale va « beaucoup trop loin » sur la question de l’eau et sur celle du loup. Sur l’eau, les sénateurs ont déjà retravaillé les obligations liées aux ouvrages de stockage, en les assouplissant. Ils ont aussi touché à la redevance pour pollution diffuse, une taxe sur les pesticides qui finance les agences de l’eau. Pour la ministre, ces reculs ne sont « pas acceptables ». Sur le loup, les mesures visent à améliorer la défense des troupeaux face à la prédation. Un point que la ministre de l’Agriculture salue comme une avancée, mais qui inquiète sa collègue de l’Écologie.

Les tensions ne s’arrêtent pas aux portes du gouvernement. Plusieurs ONG environnementales montent au créneau. Générations Futures qualifie les deux insecticides de « substances dangereuses que la France ne doit pas réautoriser ». L’organisation pointe aussi du doigt un autre article du projet de loi jugé problématique pour la qualité de l’eau. Le bras de fer législatif promet d’être serré. Les sénateurs ont par ailleurs supprimé un amendement des députés qui obligeait les cantines à s’approvisionner uniquement en produits français, ainsi qu’un autre interdisant l’importation de denrées produites avec des pesticides prohibés en France mais pas dans l’Union européenne. Des modifications que la ministre de l’Agriculture a saluées comme un retour au droit national et européen. Le texte doit encore passer en séance publique au Sénat, où les débats s’annoncent électriques.

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