Faits Divers
Des obus de la Seconde Guerre mondiale émergent des terres brûlées du Porge
Les habitants commencent à peine à rentrer chez eux après le mégafeu, mais le sol calciné cache encore des munitions datant de 1945. Les démineurs…


Les habitants commencent à peine à rentrer chez eux après le mégafeu, mais le sol calciné cache encore des munitions datant de 1945. Les démineurs multiplient les opérations pour sécuriser le village avant un retour complet, qui reste interdit dans deux quartiers.
Le Porge, village le plus touché de Gironde avec plus de 180 maisons parties en fumée, vit une situation singulière depuis plusieurs jours. Alors que les autorités ont autorisé dimanche les habitants à regagner leur domicile, la joie des retrouvailles est assombrie par une découverte troublante. Sur une parcelle noircie de cinq hectares, des obus rouillés, couverts de terre et longs d’une trentaine de centimètres, gisent au milieu des cendres. Un éclat d’obus a même creusé un trou noirci de la taille d’une balle de tennis dans une clôture voisine.
Depuis vendredi, les équipes de déminage ont déjà récupéré 75 munitions en surface. Et ce n’est pas fini, prévient le chef du centre de déminage de Bordeaux, qui souhaite rester anonyme. « Il en reste davantage », explique-t-il. Un autre champ situé à proximité pourrait également être concerné, selon un officier. Résultat, les lotissements Plein Soleil et Le Ferron restent bouclés. Le retour des habitants, autorisé lundi, ne concerne pas ces deux secteurs, toujours sous haute surveillance. Des pancartes plantées aux abords du périmètre affichent un message sans ambiguïté. « Danger de mort absolu, présence d’obus ».
Le maire du Porge, Martial Zaninetti, assure lui-même avoir découvert l’existence de ces munitions après le passage du feu. Pendant l’incendie, des déflagrations avaient retenti. Sur le moment, beaucoup les avaient prises pour l’explosion de bonbonnes de gaz. En réalité, il pourrait bien s’agir de ces obus, indique le commandant Thomas Mimiague, du service départemental d’incendie et de secours. Les démineurs savent que le danger ne se limite pas à ce qui est visible. « Avec le temps qui passe, les obus deviennent plus sensibles, et avec la chaleur aussi », ajoute le chef du centre de déminage.
Pour l’instant, la priorité est claire. Il faut d’abord ramasser les obus qui affleurent à la surface, pour permettre aux habitants de revenir au plus vite. Les munitions enterrées seront traitées dans un second temps. Une fois collectés, les obus seront stockés puis détruits sur un terrain militaire. Leur origine reste mystérieuse. Il s’agit majoritairement d’obus de mortiers, mais aussi de quelques projectiles à tête explosive destinés à des chars, d’origine allemande et française. Aucun lieu de stockage officiel n’a été répertorié à cet endroit. « On ne sait pas trop pourquoi ils sont là », admet le commandant Mimiague, évoquant un simple abandon, peut-être à la fin du conflit. Le sol du Porge, déjà marqué par le feu, livre ainsi une seconde mémoire, enfouie depuis des décennies.
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