Faits Divers
La justice déboute Xenia Fedorova, l’expulsion et le gel des avoirs se confirment
La chroniqueuse pro-russe Xenia Fedorova n’a pas obtenu gain de cause devant le juge des référés. Son recours contre son expulsion et le gel de ses avoirs…


La chroniqueuse pro-russe Xenia Fedorova n’a pas obtenu gain de cause devant le juge des référés. Son recours contre son expulsion et le gel de ses avoirs a été rejeté faute d’extrême urgence démontrée.
Xenia Fedorova voulait rester. La justice française lui a répondu non. Saisi en référé-liberté, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande de suspension des arrêtés d’expulsion et de gel de ses avoirs. Le juge a estimé qu’elle ne démontrait pas d’extrême urgence, une condition pourtant essentielle dans cette procédure.
Le juge a relevé qu’elle n’avait exposé aucun besoin de sortir de Paris, qu’elle n’avait pas sollicité d’autorisation auprès du préfet de police et qu’elle s’était contentée d’évoquer une gêne liée à l’obligation de pointage, sans plus de détails. Autrement dit, pas de conséquences graves et personnelles démontrées. Sans cette démonstration, impossible de retenir l’extrême urgence.
Pour comprendre ce rejet, il faut regarder la voie de droit choisie. Xenia Fedorova avait deux options pour contester les mesures. Le référé suspension, qui demande de prouver une urgence classique. Et le référé liberté, plus puissant mais plus exigeant, qui impose de démontrer une extrême urgence justifiant une intervention du juge sous 48 heures. C’est cette seconde option qu’elle a retenue. Or, les magistrats ont souligné que sa requête ne pouvait pas se limiter à des présomptions ne s’appliquant pas à sa situation.
Derrière cette procédure, il y a le fond du dossier. Xenia Fedorova est vue par les autorités françaises comme un relais des campagnes de désinformation russes visant à déstabiliser l’ordre public. Elle intervient régulièrement sur CNews, Europe 1 et dans le JDNews, des médias appartenant à l’univers de Vincent Bolloré. Sa présence croissante sur ces antennes avait suscité des craintes de manipulation du débat public, à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.
Les ministres avaient été clairs. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait pointé des propos reprenant systématiquement la propagande du Kremlin sur la guerre en Ukraine. Jean-Noël Barrot, aux Affaires étrangères, l’avait qualifiée d’agente d’influence. Quant au gel de ses avoirs, il vise à empêcher que des fonds soient mis à sa disposition ou à celles d’entités sous son contrôle, pour éviter de nouveaux actes d’ingérence. La décision du juge des référés laisse ces mesures en place, au moins pour l’instant.
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