Économie
Palantir le défenseur de l’Occident que l’Europe ne veut plus voir
La France vient de claquer la porte au nez de Palantir pour ses services de renseignement. Un camouflet de plus pour ce géant américain des données qui se…


La France vient de claquer la porte au nez de Palantir pour ses services de renseignement. Un camouflet de plus pour ce géant américain des données qui se rêvait en rempart de l’Occident.
La décision française est un signal fort. En écartant Palantir de ses activités de renseignement, Paris rejoint une méfiance qui grandit en Allemagne et au Royaume-Uni. Pourtant, cette entreprise née en 2003 dans le sillage des attentats du 11 Septembre avait tout pour séduire les gouvernements. Son logiciel permet d’analyser des montagnes de données pour repérer des menaces. Une idée géniale sur le papier mais qui, vingt ans plus tard, soulève une question gênante pour ses clients étrangers. À qui Palantir est-il vraiment loyal ?
L’entreprise a été fondée par d’anciens de PayPal, la fameuse « PayPal Mafia » menée par le très conservateur Peter Thiel. Son nom est un clin d’œil au « Seigneur des anneaux » les palantíri sont des boules de cristal qui voient tout. Dès 2005, la CIA investit via son fonds In-Q-Tel. Depuis, Palantir a décroché plus de 2,7 milliards de dollars de contrats de défense américains. Et sous Trump, les affaires ont explosé. Au premier trimestre 2026, les recettes venant du gouvernement américain ont bondi de 84 %. Son contrat le plus célèbre est le projet Maven un système de ciblage qui a servi pendant la guerre israélo-américaine contre l’Iran.
Mais ce qui dérange vraiment, c’est l’idéologie affichée. Le patron Alex Karp, docteur en philosophie, multiplie les lettres aux actionnaires aux accents de manifeste. Il parle de défendre les démocraties occidentales contre le terrorisme. Mais son ton libertarien et ses attaques contre l’État agacent. Son associé Joe Lonsdale est encore plus radical il fustige la culture « woke » et veut imposer la suprématie américaine face à la Chine et aux régulateurs européens. Et quand on ajoute des contrats avec la police de l’immigration américaine pour traquer des personnes à expulser via des fichiers sanitaires, la pilule passe mal. Les défenseurs des droits humains crient au scandale. Résultat les gouvernements étrangers hésitent. Comme le résume un expert américain au moment des décisions difficiles Palantir choisira-t-il son client ou la Maison Blanche ? Les Européens commencent à répondre eux-mêmes.
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