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Nicolas Sarkozy face aux révélations de Claude Guéant au procès libyen


L’ancien président français retourne à la barre mercredi pour répondre aux déclarations écrites de son ex-secrétaire général, qui contredisent sa version des faits dans le cadre du procès en appel sur le financement présumé de sa campagne de 2007 par la Libye.
Nicolas Sarkozy doit s’expliquer sur deux courriers rédigés par Claude Guéant, absent des débats pour raisons de santé. Ces documents, datés des 11 et 26 avril, marquent une rupture entre les deux hommes qui ont longtemps affiché un front commun. L’ancien secrétaire général de l’Élysée y affirme n’avoir jamais fait que suivre les instructions de son supérieur, sans pour autant l’accuser directement.
Le procès, dont le verdict est attendu en novembre, met en jeu l’honneur et la liberté de l’ancien chef de l’État. Condamné en première instance à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs, Nicolas Sarkozy avait déjà passé vingt jours en détention. Il conteste avoir laissé ses proches négocier un financement occulte auprès des autorités libyennes.
Au cœur des débats, la question des contreparties réclamées par le régime de Mouammar Kadhafi. Les Libyens auraient notamment exigé un examen de la situation judiciaire d’Abdallah Senoussi, beau-frère du dictateur et numéro deux du régime, condamné en France à la réclusion à perpétuité pour l’attentat contre le vol UTA 772.
Lors d’un dîner officiel à Tripoli le 25 juillet 2007, Nicolas Sarkozy aurait-il demandé à son secrétaire général d’intercéder pour Senoussi ? Claude Guéant l’affirme, mais l’ancien président oppose un démenti catégorique. Un autre épisode concerne une réunion fin 2005 en Libye, à laquelle auraient participé Thierry Herzog, ancien avocat et ami de Nicolas Sarkozy, ainsi que Francis Szpiner. Claude Guéant écrit que Herzog avait informé le président du mandat reçu sur ce dossier, ce que Nicolas Sarkozy conteste.
L’accusation considère que le premier acte du pacte de corruption s’est joué lors d’une rencontre entre Claude Guéant et Senoussi le 1er octobre 2005, juste avant un déplacement officiel de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur. L’ancien secrétaire général estime désormais que cet épisode et le dîner de Tripoli rendaient inévitable qu’il évoque ce tête-à-tête.
Enfin, Claude Guéant assure que l’ancien président était nécessairement informé de ses quatre voyages en Libye entre 2008 et 2010, effectués à sa demande pour des questions diplomatiques et commerciales. Nicolas Sarkozy affirme ne pas s’en souvenir. Il maintient qu’aucune promesse n’a été faite en faveur de Senoussi, une position que Claude Guéant ne contredit pas, expliquant s’être simplement renseigné sur la situation judiciaire du Libyen sans rien pouvoir engager.





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