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Médée renaît sous les étoiles d’Epidaure
Pour la première fois depuis 1961, l’opéra mythique resurgit dans le même théâtre grec antique. Une reconstitution minutieuse fait revivre le triomphe de…


Pour la première fois depuis 1961, l’opéra mythique resurgit dans le même théâtre grec antique. Une reconstitution minutieuse fait revivre le triomphe de Maria Callas sans jamais la copier.
C’est une soirée unique qui a électrisé le public grec. Samedi 18 juin 2026, l’Opéra national de Grèce a redonné vie à « Médée » de Luigi Cherubini dans l’enceinte millénaire d’Epidaure, à 200 kilomètres d’Athènes. Il y a soixante-cinq ans, la diva Maria Callas y avait connu un succès retentissant. Cette fois, c’est la mezzo-soprano italienne Anna Pirozzi qui a endossé le rôle de la magicienne infanticide. Le spectacle affichait complet depuis des semaines, preuve que la légende reste intacte.
La reconstitution a été un véritable défi. Les équipes artistiques ont travaillé trois ans pour retrouver l’esprit de la production de 1961. Pas de vidéo d’époque à se mettre sous la dent, seulement des photographies en noir et blanc, les cahiers du metteur en scène Alexis Minotis et les dessins du costumier Yannis Tsarouchis. Les cent cinquante costumes d’origine ont été précieusement conservés et ont servi de base. La cheffe costumière Tota Pritsa explique que certaines étoffes, comme le jersey de soie, ne se fabriquent plus aujourd’hui. Il a fallu teindre et laver les tissus à de multiples reprises pour leur donner cette patine d’antan. Sur scène, les costumes anciens et nouveaux se mélangent au point d’être indiscernables.
Le théâtre lui-même a imposé ses contraintes. Chaque pierre de cet amphithéâtre du IVe siècle avant Jésus-Christ, réputé pour son acoustique parfaite, a dû être recouverte de bois pour la protéger. Quant au nombre de figurants, il a été réduit par rapport à 1961. À l’époque, l’armée avait prêté des jeunes soldats pour peupler la scène. Aujourd’hui, impossible de réquisitionner les casernes pour un soir. Le metteur en scène Panaghis Pagoulatos sourit en évoquant cette différence.
Au cœur de cette résurrection, Anna Pirozzi assume l’héritage sans s’y soumettre. Elle confie avoir repris quelques gestes dramatiques de Maria Callas, ceux qui rendent le personnage de Médée si puissant. Mais elle insiste : elle ne veut ni copier ni imiter. Le metteur en scène le confirme : les deux artistes partagent une même vérité dans le chant et le jeu, mais leurs voix et leurs personnalités sont différentes. Cette soirée restera dans les mémoires comme un pont entre le passé et l’avenir de l’opéra.





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