Politique
Marylise Léon rempile à la CFDT la radicalité de la nuance comme étendard
Réélue pour quatre ans, la patronne du premier syndicat français assume un réformisme qui refuse l’affrontement systématique. Elle oppose à l’urgence de…


Réélue pour quatre ans, la patronne du premier syndicat français assume un réformisme qui refuse l’affrontement systématique. Elle oppose à l’urgence de choisir son camp une revendication la nuance n’est pas une faiblesse.
Marylise Léon a été reconduite jeudi à la tête de la CFDT. Devant les délégués réunis à Bordeaux pour le 51e congrès, la dirigeante de 49 ans a donné le ton. Elle assume une ligne qui tranche avec l’époque. « La vraie radicalité, aujourd’hui, c’est d’assumer la nuance », a-t-elle lancé. Une phrase choc pour celle qui refuse de hurler avec la meute. « Dans une époque qui somme chacun de choisir son camp, tenir la nuance, c’est tout sauf mou », a-t-elle ajouté. Son message la négociation n’est jamais la faiblesse, le compromis non plus. Un positionnement qui a séduit les congressistes et qui conforte sa place à la tête du premier syndicat français.
Son retour aux commandes s’inscrit dans un contexte tendu. Marylise Léon avait succédé à Laurent Berger en juin 2023, juste après le passage en force du gouvernement sur la réforme des retraites. À l’époque, une unité syndicale massive s’était levée contre le report de l’âge légal à 64 ans, sans résultat. Puis en 2025, le conclave lancé par François Bayrou pour rendre la réforme plus acceptable a échoué. Marylise Léon a alors dénoncé l’intransigeance du patronat. Mais elle a aussi obtenu une victoire à l’automne avec la suspension de la réforme. Depuis, sous sa direction, la CFDT s’est impliquée dans la conférence travail, emploi, retraites. L’objectif remettre le travail au cœur du débat public, comme l’a salué le ministre Jean-Pierre Farandou.
Sur le fond, Marylise Léon porte une ligne clairement anti-extrême droite. À dix mois de la présidentielle, elle répète que la CFDT luttera contre les idées et les actes du Rassemblement national. Un combat partagé avec Sophie Binet de la CGT. Mais son parcours est celui d’une experte plus que d’une militante de terrain. Diplômée en chimie, elle a travaillé sur la sécurité environnementale après la catastrophe AZF. Elle a ensuite gravi les échelons au sein de la fédération Chimie énergie, puis à la Confédération à partir de 2014. À l’époque, elle gérait des dossiers comme le développement durable ou le dialogue social. Aujourd’hui, elle défend une transition écologique qui ne doit pas peser sur les plus fragiles. L’historien Stéphane Sirot souligne qu’elle poursuit la conversion de la CFDT au dialogue social. Un choix pas évident avec un macronisme qui a tenu les syndicats à l’écart. Son ancien homologue de la CFE-CGC, François Hommeril, la décrit comme à l’écoute, sincère et drôle. Un profil qui semble convaincre y compris ses partenaires.
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