Culture
Marina Viotti et Benjamin Bernheim, duo lyrique et olympique, réunis dans « Werther »

Après avoir illuminé les cérémonies des Jeux olympiques de Paris, les deux artistes lyriques se retrouvent sur scène pour interpréter l’opéra de Jules Massenet, une œuvre qui leur tient particulièrement à cœur.
Marina Viotti, mezzo-soprano, et Benjamin Bernheim, ténor, ont marqué les esprits lors des cérémonies des Jeux olympiques de Paris. Aujourd’hui, ils unissent leurs talents dans une production de « Werther », l’opéra de Jules Massenet, présenté au Théâtre des Champs-Élysées jusqu’au 6 avril. Cette œuvre, inspirée du roman épistolaire de Goethe, explore les tourments amoureux de deux personnages empêchés de vivre leur passion.
Pour Marina Viotti, le rôle de Charlotte représente une étape majeure dans sa carrière. Elle confie que ce personnage, tout comme celui de Carmen, est un pilier pour une mezzo-soprano. « Charlotte, c’est affreux ce qui lui arrive. Elle se marie par devoir, vit avec la culpabilité d’être responsable de la mort de quelqu’un qu’elle aime. Tout cela, je le vis à travers elle », explique-t-elle. Cette interprétation marque un tournant émotionnel pour l’artiste, habituée à des rôles plus légers.
Benjamin Bernheim, quant à lui, voit dans « Werther » une occasion de redonner ses lettres de noblesse au répertoire français, souvent délaissé au profit d’œuvres plus populaires. « Ces dernières décennies, beaucoup de maisons d’opéra ont privilégié ce qui se vendait facilement, comme ‘Tosca’, plutôt que des œuvres comme ‘Les Contes d’Hoffmann' », déplore-t-il. Pour lui, Werther incarne un jeune homme intemporel, en proie au mal-être et à l’obsession amoureuse.
La production, co-réalisée avec la Scala de Milan, est accompagnée par l’orchestre Les Siècles, dirigé par Marc Leroy-Calatayud. Les musiciens jouent sur des instruments d’époque, ajoutant une dimension historique à cette interprétation.
Au-delà de « Werther », les deux artistes poursuivent des projets ambitieux. Marina Viotti, connue pour son double univers lyrique et métal, prévoit de collaborer à nouveau avec le groupe Gojira lors de leur tournée française. Elle travaille également sur un projet inédit mêlant musique baroque et métal, prévu pour 2026. « L’idée est de créer un spectacle qui puisse être présenté aussi bien dans des salles classiques que dans des festivals de métal », précise-t-elle.
Benjamin Bernheim, après une décennie marquée par des productions lyriques à travers l’Europe et les États-Unis, envisage de se produire en Amérique du Sud. Il cherche également à trouver un équilibre entre opéras, récitals avec piano et concerts symphoniques.
Leur collaboration dans « Werther » est donc bien plus qu’une simple performance. Elle incarne une passion partagée pour un répertoire exigeant et une volonté de renouveler l’art lyrique, tout en explorant de nouveaux horizons artistiques.

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