Nous rejoindre sur les réseaux

News

MaPrimeRénov’ change de pilote. Les artisans redoutent le pire

Le gouvernement prévoit de confier la gestion des aides à la rénovation aux collectivités locales. Un virage qui pourrait enterrer les travaux simples et…

Article

le

MaPrimeRénov' change de pilote. Les artisans redoutent le pire

Le gouvernement prévoit de confier la gestion des aides à la rénovation aux collectivités locales. Un virage qui pourrait enterrer les travaux simples et fragiliser un peu plus le secteur.

Le 24 juin prochain, un projet de loi nommé « Relance logement » doit être présenté en Conseil des ministres. L’une des mesures prévoit de transférer aux collectivités locales une partie du pilotage de MaPrimeRénov’, le principal dispositif d’aide à la rénovation énergétique. Jusqu’ici, c’était l’Agence nationale de l’habitat (Anah) qui gérait la plupart des dossiers. Ce changement inquiète fortement les professionnels du bâtiment. Le syndicat Capeb, qui représente les artisans, s’alarme en particulier d’une possible suppression des monogestes dès septembre. Ces aides pour un seul geste de rénovation, comme changer une chaudière ou isoler un mur, étaient selon eux la porte d’entrée pour les Français vers des travaux plus globaux. Les priver de cette option, c’est couper l’accès à des gains immédiats de confort et de pouvoir d’achat.

Derrière cette annonce, se profile une réalité budgétaire difficile. Le gouvernement cherche à réduire ses dépenses pour tenir le budget 2026, fragilisé notamment par le conflit au Moyen-Orient. Les collectivités pourraient donc hériter d’un dispositif complexe et controversé. Un acteur local cité dans la presse décrit la rénovation comme une « patate chaude » que tout le monde se refile. Personne ne veut assumer la responsabilité des couacs permanents. Pendant ce temps, les petites entreprises du bâtiment trinquent. Déjà, entre fin juin et mi-septembre 2025, MaPrimeRénov’ a été suspendue. Cela a provoqué un coup d’arrêt brutal. À la réouverture, près de 80 000 dossiers étaient en souffrance, dont 45 000 pour des maisons individuelles et 38 000 pour des copropriétés. Le ministre du Logement avait alors promis que tous les dossiers déposés en 2025 seraient traités en 2026.

Le gouvernement, lui, assure vouloir sortir de la logique du « stop-and-go » qui perturbe tout l’écosystème. Il promet plus de stabilité et veut conserver l’objectif initial de rénovation globale. Mais les acteurs du secteur doutent. Depuis 2020, trois millions de logements ont été rénovés grâce à MaPrimeRénov’. Pourtant, les changements successifs et les incertitudes budgétaires minent la confiance. Les artisans redoutent un nouveau coup de rabot, alors que les ménages modestes et très modestes ont déjà vu leurs aides recentrées sur les rénovations d’ampleur. Avec ce transfert aux collectivités, la crainte est que l’aide devienne encore plus difficile à obtenir. Un sentiment d’instabilité qui pourrait freiner durablement les travaux d’économie d’énergie.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus