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L’Ukraine transforme la guerre en laboratoire high-tech
Au salon Eurosatory, les innovations ukrainiennes en drones, robots et IA deviennent incontournables. Une leçon de guerre en temps réel qui bouscule…


Au salon Eurosatory, les innovations ukrainiennes en drones, robots et IA deviennent incontournables. Une leçon de guerre en temps réel qui bouscule l’industrie européenne de la défense.
Sur l’écran géant du stand de Fire Point, une raffinerie russe flambe. L’image date du matin même. Dans ce salon mondial de défense à Villepinte, l’Ukraine est l’attraction principale. Ses entreprises dévoilent des technologies nées sur le champ de bataille. Denys Chtilerman, cofondateur de Fire Point, annonce produire 300 drones par jour. Son missile de croisière Flamingo, lui, sert aux frappes en profondeur contre la Russie. Pour résister aux destructions, la production est organisée en ateliers délocalisables. Si l’un est touché, les équipes partent vers un autre site. Les engins sont conçus pour être assemblés par du personnel peu qualifié. Fire Point est passé de 18 employés en 2023 à ce qu’il présente comme la plus grande entreprise occidentale de drones et missiles longue portée. Sur le stand, une devise anglaise joue avec les mots « Love at first strike » (coup de foudre au premier tir).
À quelques mètres, un petit robot terrestre nommé Ravlyk (escargot) semble minuscule à côté des chars géants de KNDS. Pourtant, son créateur Olexiï Severyne sourit de ce contraste. « Dans un combat moderne, un char ne vit que 4 minutes et cela ne va plus changer », explique-t-il. Le Ravlyk est équipé de six roues indépendantes. Même si la moitié sont hors d’usage, il continue d’avancer. Sa durée de vie au front ne dépasse pas trente jours, mais son coût est faible. Les robots de RoverTech, eux, sont conçus pour survivre dans la « kill zone », cette zone morte entre deux armées paralysées par les drones. Déminage, logistique : ces engins précèdent les blindés. Borys Droujak résume : « Tant que nos drones n’auront pas nettoyé, le char ne peut pas avancer. »
Les drones intercepteurs évoluent aussi. Ceux de Tchakloun (Magicien) ont doublé leur vitesse en trois ans, passant de 120 à 450 km/h pour rattraper les Shahed russes. Skyfall a transformé son P1-Sun, surnommé Pissioun, en version longue dotée d’intelligence artificielle. Un porte-parole explique : « À 800 mètres, l’IA indique au pilote où se trouve le Shahed avant qu’il ne le voie. L’IA détecte, suit, le pilote appuie sur un bouton. » Cela réduit la charge mentale. Avant le salon, Skyfall a signé un partenariat avec Airbus : le géant européen apporte son expertise en commandement, Skyfall ses drones éprouvés. Vyriy, spécialiste des drones d’attaque, cherche aussi des coentreprises. « Notre drone coûte 300 euros, moins cher que les autres », dit un responsable. Pour la ministre française déléguée des Armées Alice Rufo, la présence ukrainienne montre qu’il est « possible de tenir bon, de transformer, de réinventer et de devenir l’un des moteurs de la défense européenne ».





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