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Louer des logements qui étouffent le pari risqué du gouvernement en pleine canicule

Alors que la France subit une vague de chaleur, le ministre du Logement dévoile un projet de loi qui permet de louer des passoires énergétiques à…

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Louer des logements qui étouffent le pari risqué du gouvernement en pleine canicule

Alors que la France subit une vague de chaleur, le ministre du Logement dévoile un projet de loi qui permet de louer des passoires énergétiques à condition de promettre des rénovations. Associations et ONG crient au cynisme et dénoncent une mesure qui sacrifie la santé des locataires.

C’est un texte qui tombe au mauvais moment. Mercredi, Vincent Jeanbrun a présenté en Conseil des ministres son projet de loi pour répondre à ce qu’il appelle « une bombe sociale ». Problème, la mesure phare du texte autorise la location des 700 000 logements classés comme des passoires thermiques. Un chiffre qui donne le vertige en pleine canicule. Les propriétaires pourront les mettre en location s’ils signent un contrat avec une entreprise de travaux et versent un acompte. Pas besoin d’avoir déjà fait les rénovations. Il suffit de promettre.

Les critiques fusent. La Confédération nationale du logement, proche du Parti communiste, accuse le ministre de vouloir « sauver les bouilloires thermiques » pendant que la France étouffe. Greenpeace parle de « comble du cynisme ». Pour Nicolas Nace, chargé de campagne chez l’ONG, des centaines de milliers de locataires modestes souffrent déjà dans des logements insalubres et surchauffés. Le gouvernement choisirait de reporter des travaux qui pourraient améliorer leur quotidien. Le ministre répond que sans cette mesure, les propriétaires n’auront jamais les ressources pour rénover. L’objectif reste selon lui de rendre ces logements décents à terme.

Le projet ne se limite pas à cette controverse. Vincent Jeanbrun promet d’enrichir le texte avec des amendements sur l’adaptation aux fortes chaleurs. Il veut faciliter le vote en copropriété pour poser des volets ou des stores. Il souhaite aussi assouplir les règles de préservation du patrimoine qui empêchent parfois ces installations. Sans oublier la formation des conseillers en rénovation énergétique pour que le confort d’été soit pris en compte dans les demandes de subventions MaPrimeRénov’. Une étude récente révèle en effet qu’un logement sur deux est mal adapté aux canicules et se transforme en fournaise lors des vagues de chaleur.

D’autres mesures sont prévues. Le texte renforce le dispositif d’incitation à l’investissement locatif, surnommé « statut du bailleur privé ». Il crée une procédure d’urbanisme simplifiée pour construire plus vite. Il donne aussi plus de pouvoirs aux maires volontaires, notamment pour gérer MaPrimeRénov’ ou proposer des candidats aux logements sociaux. Emmanuelle Cosse, présidente de l’Union sociale pour l’habitat, salue un réengagement de l’État mais juge le texte nécessaire et pas suffisant. Elle reste vigilante sur les budgets alloués au renouvellement urbain. Le projet de loi devrait être examiné à l’Assemblée nationale à la rentrée, puis au Sénat à l’automne. Le ministère espère une adoption avant la fin de l’année.

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