Économie
L’onde de choc économique d’un conflit régional


Les tensions militaires au Moyen-Orient provoquent des perturbations majeures sur les marchés mondiaux de l’énergie et pèsent sur la croissance de plusieurs économies vulnérables.
L’escalade des hostilités continue d’alimenter une crise énergétique aux ramifications globales. En réponse à un ultimatum américain exigeant la réouverture du détroit d’Ormuz, Téhéran a menacé de prendre pour cibles des installations stratégiques dans la région, notamment dans les secteurs de l’énergie et de l’eau. Cette déclaration fait suite à l’avertissement de Washington, qui promet des représailles contre les infrastructures électriques iraniennes en cas de maintien du blocage de ce passage maritime crucial pour les exportations d’hydrocarbures.
Les conséquences se font déjà sentir sur les économies dépendantes des importations. Le Sri Lanka a ainsi procédé à une seconde augmentation significative du prix des carburants en l’espace de quinze jours, une mesure directement liée aux difficultés d’approvisionnement. De son côté, le Bangladesh a sollicité une aide financière internationale d’urgence pour faire face au renchérissement du pétrole, obtenant des engagements de prêts pour plusieurs milliards de dollars.
En Europe, la Commission a préconisé aux États membres de revoir à la baisse leurs objectifs de remplissage des stocks de gaz en prévision de l’hiver prochain. Cette recommandation, visant à apaiser la tension sur les marchés, propose un taux de 80% au lieu des 90% habituellement requis, malgré la volatilité des prix. Par ailleurs, une coalition d’une vingtaine de nations, incluant plusieurs puissances européennes, s’est déclarée prête à œuvrer à la réouverture du détroit d’Ormuz et a condamné les récentes attaques contre des infrastructures énergétiques.
Dans le secteur aérien, l’Association du transport aérien international estime que la hausse du prix du kérosène, dont le cours a doublé depuis le début des affrontements, rend inévitable une augmentation du coût des billets pour les passagers. Tandis que les autorités iraniennes affirment ne plus disposer de surplus pétrolier à commercialiser, elles ont indiqué être disposées à faciliter le passage de navires japonais dans le détroit, tout en maintenant des restrictions pour d’autres pays.





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