Monde
L’Iran renonce à la peine capitale pour un manifestant emblématique

Les autorités iraniennes ont annoncé qu’Erfan Soltani, un jeune homme arrêté lors des récentes mobilisations, ne serait pas exécuté. Cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions internationales et de pressions diplomatiques.
La République islamique a officiellement démenti jeudi toute condamnation à mort à l’encontre d’Erfan Soltani. Âgé de vingt-six ans, ce manifestant incarcéré à la prison de Karaj est poursuivi pour des charges liées à des rassemblements contre la sécurité nationale et à de la propagande anti-système. Le pouvoir judiciaire a précisé que ces accusations ne prévoyaient pas la peine capitale dans la législation en vigueur. Selon ses déclarations, l’homme encourt, en cas de culpabilité, une peine d’emprisonnement.
Cette announce survient alors que le sort du détenu suscitait une vive inquiétude à l’étranger, notamment de la part des États-Unis et d’organisations de défense des droits humains. Le président américain Donald Trump avait multiplié les avertissements, menaçant d’une réponse « très forte » en cas d’exécutions. Mercredi, il avait toutefois indiqué avoir reçu des assurances selon lesquelles les mises à mort prévues n’auraient finalement pas lieu, tout en maintenant une posture d’observation quant à une éventuelle intervention.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait préalablement assuré qu’aucune pendaison n’était programmée dans l’immédiat. Ces déclarations contrastent avec le discours tenu par d’autres responsables. Le ministre de la Justice a ainsi affirmé que toute personne présente dans l’espace public depuis le huit janvier était considérée comme un criminel. Parallèlement, le pouvoir judiciaire a promis l’ouverture de procès publics et rapides pour les personnes arrêtées.
Le mouvement de protestation, né fin décembre de griefs économiques avant de prendre une tournure politique, a connu une répression sévère. Selon l’organisation Iran Human Rights, basée en Norvège, le bilan humain s’élèverait à plusieurs milliers de morts et plus de dix mille arrestations, des chiffres présentés comme un « minimum absolu ». Les autorités iraniennes, qui organisent des cérémonies en hommage aux membres des forces de sécurité tués, affirment désormais avoir repris le contrôle de la situation et que le calme est revenu.
La communauté internationale reste mobilisée. Le Conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir pour un exposé sur la situation. Plusieurs pays, dont le Royaume-Uni et l’Espagne, ont pris des mesures de précaution concernant leur présence diplomatique ou leurs ressortissants. Téhéran, de son côté, a averti qu’elle répondrait de manière décisive à toute agression, tandis que des mouvements de troupes américaines ont été signalés dans la région.

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