Culture
L’Iran des mollahs a survécu à la guerre, et l’opposition se retrouve plus isolée que jamais
Malgré une offensive américano-israélienne et un espoir de soulèvement populaire, le régime iranien a tenu. Résultat : l’opposition, divisée et affaiblie…


Malgré une offensive américano-israélienne et un espoir de soulèvement populaire, le régime iranien a tenu. Résultat : l’opposition, divisée et affaiblie, n’a pas réussi à transformer l’essai.
La République islamique d’Iran est toujours debout. À l’issue de l’offensive militaire menée par les États-Unis et Israël, les religieux ultraconservateurs restent au pouvoir à Téhéran. Et l’opposition, elle, se retrouve plus marginalisée que jamais. Pourtant, au début du conflit, Donald Trump avait misé sur un scénario différent. Le président américain espérait que les bombardements déclencheraient un soulèvement populaire capable de faire tomber le régime. Il avait même soutenu les manifestations antigouvernementales du début de l’année.
Mais l’accord de paix signé cette semaine entre Washington et Téhéran a douché ces espoirs. Pour les dissidents iraniens, cet accord est une défaite. Les mouvements d’opposition en exil, qui s’étaient préparés à une éventuelle transition, n’ont pas su saisir l’opportunité. Les luttes intestines se sont intensifiées, et l’opposition intérieure, déjà laminée par des décennies de répression, a été encore affaiblie. Pendant la guerre, les espoirs d’une intervention étrangère se sont envolés. Au début des frappes, certains habitants de Téhéran avaient crié de joie en apprenant la mort du guide suprême Ali Khamenei. Mais au fil des semaines, la riposte du régime a muselé les attentes. Arrestations massives, exécutions, coupures d’internet et destructions ont aggravé les souffrances des civils.
Les défenseurs des droits humains le rappellent : cette guerre n’a jamais été menée pour les Iraniens. Elle a au contraire servi de prétexte au régime pour intensifier la répression. Plus de quarante exécutions ont eu lieu depuis le début du conflit. Les prisonniers politiques, les militants et les manifestants sont plus que jamais sous la menace. Pour beaucoup d’Iraniens, signer la paix avec le régime revient à faire la paix avec son bourreau. Les figures de l’opposition comme Reza Pahlavi, le fils de l’ex-chah, dénoncent un accord moralement condamnable. Mais aucun d’eux n’a obtenu le soutien de Trump. Résultat : le changement démocratique, s’il doit venir, ne pourra émerger que de l’intérieur. Pas d’une guerre menée par des puissances étrangères.
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