Planète
L’Irak stabilise ses déserts pour contenir l’avancée des poussières

Face à la multiplication des épisodes de sable, les autorités déploient une technique ancestrale de fixation des sols pour protéger les populations et les infrastructures.
Au sud de l’Irak, dans l’immensité aride qui s’étend entre Nassiriyah et Samawa, d’imposants engins de chantier s’activent. Leur mission consiste à répandre une couche d’argile humide, épaisse de plus de vingt centimètres, sur les dunes mouvantes. Cette opération, qui pourrait sembler anachronique, constitue l’un des fronts de la lutte contre les tempêtes de sable, un phénomène dont l’intensité et la fréquence ne cessent de croître dans le pays.
Les conséquences de ces épisodes sont sévères. Les villes se retrouvent régulièrement ensevelies sous un voile ocre, provoquant des paralysies aériennes et des afflux de patients souffrant de troubles respiratoires dans les hôpitaux. Les projections officielles sont alarmantes, annonçant une augmentation continue du nombre de jours affectés par ces poussières au cours des prochaines décennies, si aucune mesure n’est prise.
Le procédé employé vise à solidifier la surface du désert. En fixant le sable, l’argile empêche les particules les plus fines de s’envoler au gré des vents. Cette stabilisation constitue une première étape indispensable avant toute initiative de verdissement. Elle permet en effet la plantation d’espèces végétales résistantes à la chaleur, telles que le prosopis ou le conocarpus, dont les racines contribueront à leur tour à ancrer le sol.
Au-delà de la protection des terres agricoles, souvent réduites par la sécheresse, l’objectif immédiat est de sécuriser les axes routiers majeurs. L’autoroute du sud, notamment, est le théâtre de nombreux accidents lors des tempêtes, en raison d’une visibilité réduite à néant. À plus large échelle, cette barrière physique vise aussi à atténuer l’exportation des poussières vers les pays voisins du Golfe.
Cette initiative s’inscrit dans un programme plus vaste, mené en partenariat avec des agences internationales. Elle renoue avec une expertise nationale en matière de lutte contre la désertification, un savoir-faire développé depuis les années 1970 mais mis en sommeil par des décennies de conflits. Les responsables sur le terrain observent désormais une reprise tangible des travaux, menés avec la conviction que chaque hectare stabilisé compte dans cette bataille de longue haleine contre l’avancée du sable.

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