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L’IA française veut s’émanciper des géants américains

Le gouvernement dégaine 655 millions d’euros et un assistant pour un million d’agents. Objectif : souveraineté numérique et services publics boostés.

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L'IA française veut s'émanciper des géants américains

Le gouvernement dégaine 655 millions d’euros et un assistant pour un million d’agents. Objectif : souveraineté numérique et services publics boostés.

Sébastien Lecornu l’a dit clairement dans une vidéo mardi. La France veut sortir du « temps des expérimentations » pour entrer dans celui de la généralisation. À la veille du salon VivaTech à Paris, le Premier ministre a annoncé un plan massif. 655 millions d’euros supplémentaires via France 2030 vont financer infrastructures, recherche, entreprises et filières industrielles. L’idée est simple. Ne plus dépendre des outils étrangers pour les données de l’État. Protéger la souveraineté. Faire de l’IA un levier pour les services publics et pour les Français.

La décision la plus symbolique concerne le renseignement intérieur. La DGSI a choisi de rompre avec Palantir, le géant américain de l’analyse de données dont le cofondateur Peter Thiel est proche de Donald Trump. À la place, elle a retenu la société française ChapsVision. Lecornu justifie ce choix par une volonté d’autonomie stratégique. Il ne veut pas que la France dépende du « bon vouloir de certains partenaires capables de couper le robinet d’accès ». Le contexte est brûlant. La semaine dernière, l’administration Trump a ordonné à la start-up Anthropic de suspendre l’accès à ses modèles d’IA les plus puissants pour tout ressortissant étranger. Une injonction qui a fait bondir les candidats à la présidentielle en France. Ils parlent désormais d’une « guerre de l’IA ».

Concrètement, l’État veut équiper un million d’agents publics d’un assistant conversationnel baptisé « l’Assistant ». Déjà testé auprès de 10 000 agents, il repose sur les modèles de la start-up française Mistral. Coût estimé 700 000 euros. Les syndicats seront consultés en fin de semaine. L’outil doit fluidifier les procédures judiciaires, aider les enseignants-chercheurs à monter des projets, et surtout réduire l’usage d’outils d’IA « clandestins » qui présentent des risques de sécurité. Dans la santé, l’Assurance maladie va lancer un « assistant santé public » sur le site Ameli pour mieux guider les patients. Et pour pousser les ministères à adopter l’IA, Lecornu prévient que leur capacité à l’utiliser sera désormais un critère dans les arbitrages budgétaires de 2027. Le tout s’inscrit dans une réorganisation du numérique de l’État après la cyberattaque massive contre l’Agence des titres sécurisés, qui a exposé les données de près de 12 millions de personnes.

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