Économie
L’hôpital de Montpellier passe l’intelligence artificielle au banc d’essai
Aux urgences pédiatriques du CHU de Montpellier, des médecins testent depuis plusieurs mois des outils d’IA capables de rédiger des comptes-rendus…


Aux urgences pédiatriques du CHU de Montpellier, des médecins testent depuis plusieurs mois des outils d’IA capables de rédiger des comptes-rendus, d’adapter le langage aux enfants et d’alléger les tâches administratives. Un projet inédit en France, soutenu par près de 15 millions d’euros de fonds publics.
C’est un grand hôpital qui sert de laboratoire grandeur nature. Le CHU de Montpellier, avec ses 265 000 patients hospitalisés chaque année et ses 135 000 passages aux urgences, a été choisi pour expérimenter l’intelligence artificielle à tous les niveaux. Le projet, baptisé « Alliance Santé IA », est financé à hauteur de 14,9 millions d’euros dans le cadre du plan France 2030. L’objectif annoncé est ambitieux faire de l’IA une couche opérationnelle permanente, que ce soit pour les soins, la recherche, la prévention, la formation ou la gestion administrative.
Concrètement, cela se traduit par des outils déjà en test. Un assistant conversationnel, comparable à ChatGPT mais adapté à l’hôpital, a été développé en interne. Il est connecté à des données de référence validées et peut, en quelques secondes, rédiger des comptes-rendus, des ordonnances ou des synthèses médicales. Le professeur David Morquin, responsable de la transformation numérique du CHU, donne un exemple parlant si vous arrivez aux urgences, l’outil compile tous vos examens du jour, vos antécédents, vos traitements en cours, et produit un résumé clair pour le médecin. Un gain de temps considérable pour les soignants.
Mais l’expérience la plus parlante a eu lieu aux urgences pédiatriques. Les docteures Barbara Lormeau et Eléonore Edme ont mené un essai sur 120 familles. La moitié des comptes-rendus étaient rédigés avec les logiciels classiques, l’autre avec l’aide de l’IA. Résultat des courriers adaptés au niveau de compréhension de chaque patient, y compris des versions spéciales pour les enfants à partir de 7 ou 8 ans, avec un vocabulaire plus simple. « L’IA nous aide à aller plus loin dans la communication, elle ne remplace pas notre travail, elle l’améliore », explique Barbara Lormeau. Les deux pédiatres insistent toutefois sur la nécessité d’une relecture humaine pour éviter une simplification excessive ou un manque de nuance.
Aujourd’hui, environ 200 utilisateurs pilotes médecins, infirmiers, personnels administratifs testent ces outils en conditions réelles. Le déploiement plus large est prévu à partir de septembre, de façon progressive. Le CHU garantit que les données des patients restent protégées elles ne sortent pas des murs de l’institution. Le projet mise aussi sur l’indépendance technologique grâce à des développements locaux. Pour la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, citée dans un communiqué, c’est une étape décisive pour un système de santé plus innovant, plus sûr et plus équitable. Le professeur Morquin résume l’enjeu créer une IA qui apporte de la valeur à l’hôpital sans trahir ses valeurs, tout en anticipant l’évolution des métiers et l’émergence de nouvelles compétences.
À lire aussi





NewsEn Ligne 5 joursLe père du suspect de l’affaire Lyhanna accusé de viol par ses propres petites-filles



Faits DiversEn Ligne 7 joursLe procès des voleurs de manuscrits de Pouchkine s’ouvre à Paris



NewsEn Ligne 3 joursSearcher, le moteur qui exposait vos données personnelles, dans le viseur de la justice



SportsEn Ligne 5 joursUn duo portugais verrouillé au PSG, le Real Madrid encaisse un refus



SociétéEn Ligne 5 joursPrisma Media les salariés votent la grève contre un plan social massif



SociétéEn Ligne 6 joursLe français vacille à l’université, les facs passent à l’action



Faits DiversEn Ligne 2 joursPour 700 euros, elle transporte 2,5 kg de drogue dans un sac isotherme



ÉconomieEn Ligne 5 joursUn nouveau capitaine à la tête du groupe Crédit Mutuel CIC








