Économie
L’essence à 4 dollars le gallon fait trembler les géants de la distribution américaine
Alors que le conflit au Moyen-Orient entre dans son quatrième mois, les consommateurs américains voient leur pouvoir d’achat fondre à la pompe. Les…
Alors que le conflit au Moyen-Orient entre dans son quatrième mois, les consommateurs américains voient leur pouvoir d’achat fondre à la pompe. Les grandes enseignes, de Walmart à Gap, redoutent un automne sous le signe de la prudence et des achats essentiels.
Les premiers mois de l’année avaient pourtant donné le change. Walmart, Gap et d’autres détaillants ont publié des résultats montrant que les clients continuaient à dépenser, mais avec une stratégie bien différente. Ils privilégient désormais les produits de première nécessité et cherchent le meilleur rapport qualité-prix. Les achats plaisir passent au second plan. En mai, la confiance des consommateurs américains a même légèrement baissé. L’inflation persistante, la guerre au Proche-Orient et la hausse du carburant ont effacé les progrès du marché de l’emploi. Les experts le confirment si le prix moyen de l’essence reste au-dessus de 4 dollars le gallon pendant l’été et la rentrée scolaire, les dépenses non essentielles pourraient s’effondrer.
Cette situation n’affecte pas tout le monde de la même manière. Les foyers les plus aisés continuent de s’offrir vêtements, accessoires et cosmétiques haut de gamme. En revanche, les ménages modestes se serrent la ceinture. Le secteur de l’habillement illustre parfaitement cette fracture. Gap et American Eagle ont souffert d’une demande en baisse de la part des clients les plus sensibles aux prix, et d’erreurs de collection notamment chez les femmes. À l’inverse, Abercrombie & Fitch, Bath & Body Works et Victoria’s Secret ont vu leurs actions bondir. Leur secret des styles renouvelés, des ventes à prix plein et une clientèle prête à payer pour un luxe abordable. Même les clubs d’adhésion comme Costco ou Sam’s Club attirent plus de monde, grâce à leurs pompes à essence moins chères et leurs prix bas en rayon.
Le second semestre est crucial pour les distributeurs. C’est durant cette période qu’ils réalisent entre 50 et 60 % de leur chiffre d’affaires annuel, porté par la rentrée scolaire, Thanksgiving et Noël. Mais si la guerre devait s’arrêter demain, les infrastructures énergétiques et les chaînes d’approvisionnement ont déjà subi des dommages durables. Les prix du carburant devraient rester élevés jusqu’à la fin de l’année. Les analystes mettent en garde les enseignes qui misaient sur la résilience des consommateurs pourraient voir leur marge de manœuvre se réduire semaine après semaine. L’essence est devenue le thermomètre invisible des dépenses des Américains. Et pour l’instant, le mercure ne redescend pas.
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