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Les urgences au bord du gouffre ce week-end caniculaire

Les hôpitaux, déjà saturés, affrontent un week-end de tous les dangers. Entre vagues de chaleur, noyades et orages, les soignants tirent la sonnette…

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Les urgences au bord du gouffre ce week-end caniculaire

Les hôpitaux, déjà saturés, affrontent un week-end de tous les dangers. Entre vagues de chaleur, noyades et orages, les soignants tirent la sonnette d’alarme.

Le thermomètre baisse enfin sur une partie du pays, mais dans les services d’urgence, l’accalmie n’est pas pour tout de suite. À l’hôpital Georges-Pompidou à Paris, le chef des urgences Philippe Juvin décrit une situation critique. Les couloirs sont pleins, avec 53 patients pris en charge dans un service qui n’en compte habituellement que 20. En 24 heures, la capitale a enregistré 25 arrêts cardiaques, contre moins de 10 en temps normal. Et à l’échelle nationale, les appels au Samu ont bondi de 40 % en une semaine. Yann Penverne, président du syndicat Samu Urgences de France, compare même ces chiffres à ceux connus pendant le Covid. Le Premier ministre Sébastien Lecornu prévient que même si une accalmie météo est attendue en fin de week-end, ses effets ne se feront pas sentir immédiatement dans les hôpitaux.

La chaleur n’est pas la seule menace. Depuis le début de la vague, 55 noyades mortelles ont été recensées. La ministre des Sports Marina Ferrari précise que 65 % d’entre elles se sont produites sur des plages ou des plans d’eau non surveillés. En parallèle, les orages annoncés font craindre un afflux de blessés dans des services déjà sous tension. Les autorités dénoncent aussi des comportements à risque. Trop de personnes continuent de faire du sport malgré les alertes, ce qui met une pression supplémentaire sur les secours et les réanimations.

Face à cette accumulation de risques, le gouvernement a déclenché jeudi le plan Orsan au niveau 3, le plus élevé. Concrètement, cela permet de renforcer les effectifs hospitaliers, de mieux coordonner les hôpitaux avec la médecine de ville et les cliniques, et de déprogrammer des interventions non urgentes si nécessaire. La ministre de la Santé Stéphanie Rist parle d’un week-end « compliqué ». Elle rappelle que l’impact d’une canicule se mesure sur plusieurs jours, pas sur un seul pic de chaleur. Les corps n’arrivent pas à récupérer, et les consultations augmentent déjà chez les généralistes. Sa conclusion est sans appel : c’est mobilisation générale.

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