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Les minutes perdues qui ont scellé le sort de Lyhanna

Un rapport d’inspection remis lundi détaille les retards et le manque de suivi dans le traitement de la plainte contre Jérôme Barella, déjà accusé de…

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Les minutes perdues qui ont scellé le sort de Lyhanna

Un rapport d’inspection remis lundi détaille les retards et le manque de suivi dans le traitement de la plainte contre Jérôme Barella, déjà accusé de viols sur mineurs. Une affaire qui interroge sur la protection des enfants face à des défaillances en cascade.

Le pré-rapport, constitué après trente entretiens menés entre le 8 et le 12 juin, a été remis à Sébastien Lecornu. Stéphane Noël, chef de l’inspection générale de la Justice, et Jean-Michel Gentil, de l’inspection de la gendarmerie, ont livré leurs premières observations. Selon eux, une plainte pour viols sur mineur de moins de quinze ans visant Jérôme Barella a été déposée le 18 août 2025. Le parquet de Toulouse a certes traité ce dossier avec rapidité sur le papier, mais plusieurs « points d’amélioration » ont été relevés. En réalité, l’urgence de la situation n’a pas été transmise par téléphone, et l’accompagnement de la jeune victime aurait dû être bien meilleur.

Le rapport pointe un « cumul de pertes de temps » et une « absence de suivi de procédure » imputables à la fois au parquet d’Auch et à la gendarmerie. Aucune des deux institutions n’a vraiment pris la mesure du caractère pressant de l’affaire. Résultat : des semaines se sont écoulées sans avancée décisive, pendant lesquelles Jérôme Barella restait libre. Les enquêteurs ont reconnu des « pistes d’amélioration structurelles », une manière polie de dire que le système a grippé là où il aurait dût être le plus réactif.

Cette affaire a ravivé la colère des associations féministes et de protection de l’enfance. Une coalition portée par la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez réclame une loi intégrale contre les violences sexuelles. Chaque lundi, des rassemblements ont lieu devant le ministère de la Justice à Paris et devant les tribunaux. Une pétition en ligne a déjà recueilli plus de 320 000 signatures. Les familles et les militants exigent des mesures fortes, pour que plus jamais une plainte urgente ne soit noyée dans la lenteur administrative.

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