Monde
Les Îles Salomon remettent en cause leur alliance sécuritaire avec la Chine
Le nouveau Premier ministre des îles Salomon veut revoir un accord controversé signé avec Pékin. Un virage qui rapproche l’archipel de l’Australie.


Le nouveau Premier ministre des îles Salomon veut revoir un accord controversé signé avec Pékin. Un virage qui rapproche l’archipel de l’Australie.
C’est un changement de cap dans le Pacifique. Matthew Wale, élu à la tête du gouvernement des Îles Salomon en mai, a annoncé mercredi qu’il allait réexaminer le pacte de sécurité conclu avec la Chine. Un accord opaque dont les termes n’ont jamais été rendus publics, mais qui avait mis Washington et Canberra sur les dents. « Nous allons procéder à un réexamen, comme nous le faisons pour d’autres accords avec d’autres pays », a simplement déclaré le Premier ministre, en visite officielle à Canberra.
L’ombre de l’ancien Premier ministre Manasseh Sogavare plane sur ce dossier. C’est lui qui, en 2019, avait rompu les relations diplomatiques avec Taïwan pour se tourner vers la Chine. Trois ans plus tard, il signait ce pacte de sécurité secret avec Pékin, suscitant l’inquiétude des puissances régionales. Matthew Wale, jusqu’ici chef de l’opposition, est perçu comme bien plus critique envers l’influence chinoise. Il a reconnu que l’accord contenait une clause de confidentialité. « Je n’ai pas pu l’examiner en détail avant ce voyage », a-t-il confié aux journalistes.
Ce réexamin est aussi une main tendue à l’Australie. Anthony Albanese, le Premier ministre australien, a annoncé un renforcement de la coopération policière avec l’archipel. Un traité global est en préparation, basé sur « la confiance mutuelle et un dialogue ouvert ». Surtout, Canberra débloque enfin le financement de la formation des forces de police salomonaises, un projet que l’ancien gouvernement avait bloqué. Ce dernier avait autorisé la police chinoise à collecter des données biométriques dans les villages, une pratique qui avait alarmé les Occidentaux.
Les enjeux économiques sont immenses. Les Îles Salomon, avec leurs 850 000 habitants, dépendent des aides de Pékin et de Canberra. La dette envers la Chine pour des projets d’infrastructures a doublé l’an dernier. Matthew Wale a également indiqué négocier avec l’Australie et les États-Unis pour financer de nouveaux ports, là où son prédécesseur Sogavare préférait s’associer à des entreprises d’État chinoises.
L’Australie multiplie les gestes pour contrer l’influence de la Chine dans le Pacifique Sud. Elle a déjà signé des accords de sécurité et d’aide économique avec Tuvalu, Nauru et la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Le Vanuatu et les Fidji sont sur le point d’en faire autant. Ce rapprochement avec les Îles Salomon pourrait bien redessiner la carte des alliances dans une région stratégique où chaque petit archipel pèse lourd.
À lire aussi





SociétéEn Ligne 5 joursCes influenceurs qui vendent du rêve et que leurs abonnés commencent à lâcher



SociétéEn Ligne 6 joursÀ Bussy-Saint-Georges, le plus grand temple hindou d’Europe continentale a ouvert ses portes



CultureEn Ligne 5 joursCatherine Ringer, la voix libre des Rita Mitsouko, s’est tue



MondeEn Ligne 6 joursTotalEnergies veut injecter 16 milliards de dollars dans le pétrole irakien



ÉconomieEn Ligne 2 joursLidl France change de patron et surprend ses propres équipes



SportsEn Ligne 6 joursBordeaux sombre à Toulouse et mesure encore l’écart



EuropeEn Ligne 4 joursLa Hongrie traque les milliards envolés de l’ère Orban



EuropeEn Ligne 4 joursFace aux attaques hybrides venues de Russie, Macron convoque son état-major et bouscule son agenda








