Politique
Les couteaux sont tirés au RN avant le jugement qui va tout changer
À deux semaines d’une décision de justice qui décidera si Marine Le Pen peut se présenter en 2027, son protégé Jordan Bardella prépare déjà sa succession.…


À deux semaines d’une décision de justice qui décidera si Marine Le Pen peut se présenter en 2027, son protégé Jordan Bardella prépare déjà sa succession. Derrière le sourire de façade, les équipes s’affrontent en silence et les divergences éclatent au grand jour.
Le 7 juillet, la Cour d’appel rendra son verdict dans l’affaire des assistants parlementaires du Rassemblement national. Ce jour-là, tout peut basculer pour Marine Le Pen. Si l’inéligibilité est confirmée, c’est Jordan Bardella qui devra porter les couleurs du parti à la présidentielle. Officiellement, le duo affiche une unité sans faille depuis un an. Dans les faits, les deux camps retiennent leur souffle en trépignant.
Les proches de Jordan Bardella ne perdent pas de temps. Depuis plusieurs mois, ils multiplient les actions pour transformer le président du parti en successeur naturel. Dîners avec de grands patrons, rendez-vous avec des diplomates et des ambassadeurs, rencontres avec des hauts fonctionnaires. L’objectif est clair. Construire une stature et des réseaux qui manquent encore au jeune eurodéputé. Un de ses conseillers l’explique sans détour. Il faut casser l’idée qu’il n’a pas de métier et rappeler qu’il gère déjà des équipes sur le terrain national et international. Lors d’un déplacement en Pologne mi-juin, Bardella a même laissé faire ses interlocuteurs qui le présentaient comme le futur candidat ou le futur président.
Mais les vrais signes de rupture sont ailleurs. Sur le fond, Bardella commence à tracer sa propre route, distincte de celle de Marine Le Pen. Dans une interview au Frankfurter Allgemeiner Zeitung en mai, il a ouvert la porte à un départ à la retraite plus tardif, alors que sa mentore y est fermement opposée. Il a aussi tendu la main au chancelier allemand Friedrich Merz, un geste que Marine Le Pen n’aurait jamais fait avec Angela Merkel. Et sur la question du voile, la divergence est encore plus nette. Lors d’un séminaire interne en avril, il a défendu l’abandon de l’interdiction dans l’espace public, tandis que Marine Le Pen maintient sa position. La question n’a pas été tranchée. Un proche de Bardella assume ce choix de s’afficher différemment. Pour montrer qu’il peut tendre la main à un électorat plus large, et surtout qu’il n’est pas prisonnier du logiciel mariniste.
Ces écarts ne passent pas inaperçus dans le camp d’en face. L’entourage de Marine Le Pen s’agace de voir des débats qui étaient jusque-là confidentiels soudainement exposés dans la presse. Lors d’un bureau national, plusieurs cadres ont rappelé la règle non écrite du RN. Le linge sale se lave en famille. Un député déplore que des discussions jamais tenues en interne se retrouvent dans les médias, ce qu’il juge contre-productif. Mais Bardella semble imperméable à ces critiques, trop occupé à peaufiner son image. Il s’est même mis à citer Chateaubriand dans ses interviews, affirmant lire chaque soir pour prendre du recul. Ses détracteurs, y compris dans son propre camp, ricanent. Ils trouvent ce choix un peu trop scolaire. Un cadre le persifle. Quand on s’enferme dans un personnage parfait, il faut être à la hauteur.
Et la perfection a pris quelques coups récents. La Une de *Paris Match* avec la princesse Maria Caroline de Bourbon des Deux Sicile a fait grincer des dents. Marine Le Pen, qui a mal vécu la publication d’une photo volée d’elle en larmes après la mort de son père, n’a pas apprécié ce déballage people. Puis il y a eu le Grand Prix de Monaco, le 7 juin, le jour d’une marche blanche pour Lyhanna, une fillette de 11 ans retrouvée morte. Interrogé sur BFMTV, Bardella a répondu que des marches blanches, il y en a tous les jours. Une phrase maladroite qui lui a valu des critiques. Dans l’entourage de Marine Le Pen, on se frotte les mains. On assure que le vent tourne et que critiquer Bardella n’est plus un tabou. Un élu raconte qu’au printemps 2024, on aurait eu la tête coupée pour une telle remarque. Aujourd’hui, c’est différent.
Marine Le Pen, elle, a multiplié les déclarations pour recadrer son poulain. Sur France Culture, elle a taclé Nicolas Sarkozy, que Bardella courtise ouvertement, en affirmant qu’il est presque un contre-modèle pour le RN. Ses proches y voient une main tendue vers une reprise en main. Le beau-frère de Marine Le Pen, Samuel Maréchal, lui avait demandé pourquoi elle avait laissé la présidence du parti à Bardella, perdant ainsi la main sur l’appareil et les finances. Mais Bardella tient à ce poste. Il le voit comme un argument de poids pour sa candidature. Et les sondages lui donnent raison. Selon un récent Ifop, il atteint 37 % d’intentions de vote au premier tour, parfois plusieurs points devant Marine Le Pen. Un mariniste déplore que rien ne semble ralentir son ascension. Un autre tempère en parlant d’un poison à infusion lente. La guerre des clans, elle, ne fait que commencer.
À lire aussi





NewsEn Ligne 3 joursLe Turkménistan, pays reclus, fait un pas timide vers les touristes



MondeEn Ligne 7 joursLa cheffe du gouvernement italien ne cache pas son incompréhension face à l’attitude de la Maison Blanche



CultureEn Ligne 5 joursUn escalier à 300 000 euros embrase le conseil municipal de Nice



NewsEn Ligne 5 joursLes employeurs doivent-ils vous laisser quitter le boulot quand il fait trop chaud ?



PolitiqueEn Ligne 6 joursMéduses en Méditerranée attention elles sont de retour et pour de bon



CultureEn Ligne 2 joursPharrell transforme Paris en plage géante pour son défilé Louis Vuitton



CultureEn Ligne 2 joursLe patron de Canal+ sort l’artillerie lourde contre l’Arcom après la mise en demeure de CNews



NewsEn Ligne 5 joursUn cycliste de 55 ans meurt pendant la vague de chaleur dans le Finistère








