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Les Anglais regrettent le Brexit, mais Bruxelles ne leur rouvre pas la porte
Dix ans après le vote historique, une majorité de Britanniques estiment avoir fait une erreur en quittant l’Union européenne. Mais du côté des Vingt-Sept…

Dix ans après le vote historique, une majorité de Britanniques estiment avoir fait une erreur en quittant l’Union européenne. Mais du côté des Vingt-Sept, l’envie de les reprendre est loin d’être évidente._
Les remords post-Brexit n’ont jamais été aussi forts. Sondage après sondage, les habitants du Royaume-Uni se disent convaincus que le divorce avec l’UE était une mauvaise décision. Ce retournement d’opinion a donné naissance à tout un vocabulaire : on parle de “Bregret”, de “Breturn”, voire de “Breunion”. Mais derrière les jeux de mots, c’est un vrai débat politique qui agite le pays.
Le principal rival de Keir Starmer au sein du Labour, Andy Burnham, a lui-même qualifié le Brexit d’erreur et dit espérer un jour une réintégration dans la famille européenne. Pourtant, le gouvernement actuel refuse d’aller aussi loin. Il se contente de chercher un réchauffement des relations avec les Vingt-Sept, sans candidature ni calendrier sur la table. Et de l’autre côté de la Manche, le courant ne passe pas.
Les diplomates européens interrogés se disent officiellement ouverts à l’idée d’une réadhésion. Mais à une condition : que les Britanniques acceptent toutes les contraintes de l’appartenance à l’UE, ce que beaucoup jugent peu probable. “Ils ne sont pas prêts à en payer le prix”, résume l’un d’eux. Et les Vingt-Sept ne sont pas pressés d’en discuter. Depuis le départ du Royaume-Uni, l’Union se porte mieux, dit-on. Fini les longues négociations pour obtenir des exemptions à chaque dossier. Londres, qui n’a jamais adopté l’euro ni rejoint Schengen, avait aussi obtenu un “rabais” sur sa contribution. Un manque d’engagement qui a marqué les esprits.
Car l’Europe a changé sans les Britanniques. Privée de leur influence libérale et atlantiste, elle s’est lancée dans une quête d’autonomie stratégique et de préférence européenne. “Le Royaume-Uni ne mesure pas à quel point l’Union a évolué ces dix dernières années”, note un expert. La pandémie, Donald Trump ou la guerre en Ukraine ont accéléré cette transformation. Et les populistes d’extrême droite, eux, ne réclament plus de sortie de l’UE : ils veulent désormais la changer de l’intérieur.
Un sommet est prévu le 22 juillet à Bruxelles pour jauger l’état des relations. Après des tensions sur la défense, l’acier ou le “made in Europe”, quelques accords mineurs pourraient être signés. Sur la mobilité des jeunes ou le commerce alimentaire par exemple. Mais ce ne sont que des petits pas. Loin, très loin d’une vraie réconciliation.

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