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Le Venezuela rouvre enfin l’accès à des médias bloqués depuis des années

Des sites d’information longtemps inaccessibles sont redevenus consultables au Venezuela, à la faveur d’un nouveau round de négociations entre pouvoir et…

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Le Venezuela rouvre enfin l'accès à des médias bloqués depuis des années

Des sites d’information longtemps inaccessibles sont redevenus consultables au Venezuela, à la faveur d’un nouveau round de négociations entre pouvoir et opposition. Une bouffée d’air pour les rédactions, même si une large part du blocage persiste.

Des années qu’ils attendaient ça. Plusieurs sites d’information coupés au Venezuela sont redevenus accessibles d’un coup, au grand soulagement de celles et ceux qui les font vivre. Des journalistes et des responsables de médias ont vu leurs pages se rouvrir après une longue traversée du désert.

Cette ouverture tombe pile au moment où le pouvoir et l’opposition ont entamé un deuxième cycle de discussions, neuf mois après la capture du président Nicolas Maduro par l’armée américaine. La journée n’a pourtant pas été de tout repos. Javier Oropeza, un ancien maire d’opposition rentré au pays quelques jours plus tôt après deux ans d’exil, a été arrêté à Barquisimeto, dans le nord-ouest, avant d’être relâché dans la soirée après l’intervention de la cheffe de la délégation de l’opposition, Dinorah Figuera. La liberté d’expression figure justement parmi les dossiers posés sur la table, et le premier round, en août, avait notamment débouché sur une réforme de la justice.

Sur le terrain, l’autorité des télécommunications a annoncé sur son site le rétablissement officiel de l’accès à plusieurs plateformes et médias, nationaux comme internationaux. Jusque-là, pour les consulter, il fallait passer par un réseau privé virtuel. Le directeur du site Tal Cual, Víctor Amaya, résume le chemin parcouru sans détour. Nous avons tenu bon, nous avons bricolé, et nous avons survécu jusqu’ici, lâche-t-il. Son média était coupé depuis juillet 2024, dans la foulée de la répression qui avait suivi la crise post-électorale, quand Maduro avait été proclamé vainqueur malgré les soupçons de fraude. Résultat, une chute de 60% du trafic et des annonceurs qui prennent la fuite, par crainte des représailles.

Reste que le tableau est loin d’être entièrement dégagé. Une organisation de défense des droits numériques a passé au crible dix-sept sites chez plusieurs fournisseurs d’accès. Elle continue de recenser au moins 188 adresses bloquées dans le pays, dont 79 médias d’information. La chaîne NTN24 a d’abord confirmé que son site était de nouveau joignable, avant de préciser que l’accès restait intermittent. D’autres ont raconté la même chose. Trois grandes rédactions, El Nacional, Efecto Cocuyo et El Pitazo, sont bel et bien revenues en ligne. Víctor Amaya, lui, se montre prudent et compare la situation à ces annonces de libérations de prisonniers politiques où l’on promet cent personnes pour n’en voir sortir que soixante ou soixante-dix. Il espère simplement que le pays pourra retrouver un environnement de communication apaisé.

Côté autorités, le vice-ministre de la Communication, Gustavo Villapol, a appelé à remettre en ligne les pages encore inaccessibles. Il dit vouloir tourner la page de la polarisation et des années de confrontation, et prévient qu’on ne peut plus s’en prendre à des gens sans preuves en main. Pour Luis Ernesto Blanco, directeur éditorial de Runrunes, le régulateur reconnaît ainsi, mine de rien, qu’il censurait ces médias de son propre chef, sans décision administrative ni ordre d’un juge. Dinorah Figuera a salué une fenêtre qui s’ouvre pour celles et ceux qui veulent savoir ce qui se passe chez eux, tout en martelant qu’il s’agit d’un droit et non d’une faveur. Beaucoup de médias manquent encore à l’appel, et tous devraient revenir, pleinement et durablement.

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