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Le suspect du meurtre d’un caricaturiste russe arrêté en Pologne

La police polonaise a mis la main sur l’homme suspecté d’avoir tué par balles un dessinateur russe exilé. Les autorités envisagent sérieusement une piste…

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Le suspect du meurtre d'un caricaturiste russe arrêté en Pologne

La police polonaise a mis la main sur l’homme suspecté d’avoir tué par balles un dessinateur russe exilé. Les autorités envisagent sérieusement une piste commanditée par Moscou.

Les faits remontent à lundi dernier. Robert Kouzovkov, connu sous le nom de Semion Skrepetski, un caricaturiste russe de 44 ans, marchait dans une rue de Biala Podlaska, à l’est de la Pologne. Un homme a surgi, a sorti une arme de poing et a tiré trois fois. L’artiste est tombé. L’assaillant s’est alors approché de lui et a vidé deux balles supplémentaires à bout portant. Quelques jours plus tard, la police a annoncé avoir arrêté un suspect âgé de 36 ans, près de Varsovie. Il utilisait un passeport géorgien. Selon le ministre de l’Intérieur, cet homme serait lié à une criminalité organisée de grande envergure et aurait déjà commis des infractions en Pologne en 2022.

Semion Skrepetski n’était pas un inconnu. Installé en Pologne depuis 2021, il fuyait ce qu’il décrivait comme des persécutions politiques en Russie. Son arme à lui, c’était le crayon. Il croquait avec virulence des figures du pouvoir russe : Vladimir Poutine, Joseph Staline, Alexeï Navalny ou encore Ramzan Kadyrov. Ses dessins, souvent provocants, lui avaient forgé une réputation d’iconoclaste. Même en exil, il continuait à critiquer aussi bien le Kremlin que l’opposition russe, et n’épargnait pas le gouvernement ukrainien sur les réseaux sociaux. Une adresse personnelle avait même été publiée par le site controversé Myrotvorets.

Les autorités polonaises ne cachent pas leurs soupçons. Le coordinateur des services spéciaux polonais estime qu’une participation des services russes est une hypothèse qui s’impose très fortement. Le Premier ministre Donald Tusk a parlé d’un assassinat politique aux dimensions internationales. Et pour cause, la police avait proposé à plusieurs reprises au dessinateur une protection. Il a refusé. Un choix tragique pour lui. Ce meurtre rappelle d’autres affaires où des opposants russes ont été ciblés à l’étranger, comme l’ex-agent Litvinenko empoisonné au polonium à Londres ou l’attaque au Novitchok contre l’ex-espion Skripal. Moscou a toujours nié toute implication.

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