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Le Slip français mise sur le 14 juillet pour conquérir la Bourse

La marque de sous-vêtements made in France veut lever 5 millions d’euros auprès du grand public à partir du 14 juillet. Un pari pour démocratiser son…

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Le Slip français mise sur le 14 juillet pour conquérir la Bourse

La marque de sous-vêtements made in France veut lever 5 millions d’euros auprès du grand public à partir du 14 juillet. Un pari pour démocratiser son modèle et prouver que l’industrie textile française peut être rentable.

C’est une date qui ne doit rien au hasard. Le Slip français,adepte des jeux de mots, a choisi le 14 juillet pour faire son entrée en Bourse. L’entreprise espère séduire les particuliers, qu’elle appelle à mettre leur « slip en action ». L’objectif est clair : lever 5 millions d’euros sur le marché parisien, avec un prix de l’action fixé à 14,80 euros. Au total, l’opération pourrait atteindre 15,8 millions d’euros en incluant la cession d’actions existantes. Le fondateur Guillaume Gibault assume : pour une entreprise à mission, les actionnaires naturels sont les Français. La marque revendique déjà 850 000 clients.

Pour y parvenir, Le Slip français a opéré un virage stratégique majeur en 2023. Après des années post-Covid difficiles, l’entreprise a fermé la plupart de ses boutiques. Il n’en reste que deux sur une vingtaine. Surtout, elle a cassé ses prix, passant d’un panier moyen de 40 euros à 20 euros. Finie la logique de marque premium réservée au cadeau. Place à un modèle d’équipement du quotidien, plus accessible. Résultat : 180 000 clients supplémentaires en 2025, selon la directrice exécutive Léa Marie. La PME affiche un bénéfice net de 0,7 million d’euros pour un chiffre d’affaires de 21,1 millions d’euros. Elle insiste sur sa rentabilité, contrairement à d’autres levées de fonds comme celle de Duralex. « On ne demande pas un don, on demande d’investir pour gagner de l’argent », résume Léa Marie.

Le groupe avance sur deux jambes, explique son fondateur. D’un côté, la marque de sous-vêtements pour hommes, qui vise 8 % du marché français en 2030 contre 4% aujourd’hui. De l’autre, la fabrication pour des tiers : t-shirts pour associations, parkas pour les bénévoles du Téléthon, et des discussions avancées avec plusieurs partenaires du Tour de France. Cette activité industrielle permet de renforcer l’outil de production et de créer 300 emplois, espère la direction. L’usine d’Aubervilliers emploie 77 personnes, le siège 38. L’entreprise veut ainsi prouver que le made in France peut être compétitif face à l’ultra fast fashion venue d’Asie, malgré la pollution et la concurrence déloyale dénoncées.

Le contexte politique est favorable. L’Assemblée nationale vient d’adopter une proposition de loi pour freiner l’essor de la fast fashion. Mais le texte a été réduit par rapport à sa version initiale, ce qui déçoit la gauche. Léa Marie reste prudente : elle soutiendra toute mesure qui protège l’industrie française. Selon elle, il ne s’agit pas de faire la guerre des prix bas, mais de fabriquer moins de vêtements, qui durent plus longtemps, et que les Français puissent acheter dans leur pays. Pour l’instant, Le Slip français a dû quitter le BHV en 2025 en raison d’impayés, un conflit judiciaire toujours en cours. Mais la marque assume : elle veut réinventer l’industrie textile avec panache.

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