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Le poison invisible qui contamine nos assiettes bientôt dans le viseur de l’Assemblée

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Près d’un Français sur deux est exposé à un niveau dangereux de cadmium. Une proposition de loi examinée cette semaine veut accélérer la baisse de ce poison dans nos champs.

Le cadmium est un métal lourd qu’on retrouve naturellement dans les sols. Mais notre agriculture en ajoute via les engrais phosphatés. Résultat, l’alimentation devient la première source d’exposition pour les Français. L’agence sanitaire Anses estime que près de la moitié de la population dépasse les seuils de sécurité en 2025. Ce n’est pas anodin. Le cadmium est cancérogène, toxique pour la reproduction, et peut provoquer des troubles rénaux ou une fragilité osseuse. Les céréales comme le blé et le riz, très consommées, sont particulièrement concernées.

Pour réduire ce risque, une proposition de loi écologiste arrive mercredi dans l’hémicycle. Portée par Benoît Biteau et Clémentine Autain, elle impose une baisse rapide des limites de cadmium dans les engrais. L’objectif est d’atteindre 20 milligrammes par kilo en 2030, contre 90 aujourd’hui. Un calendrier beaucoup plus serré que celui envisagé par le gouvernement, qui prévoit 60 en 2027, 40 en 2030 et 20 seulement en 2038. Mais le texte fait face à une forte opposition. Des députés du MoDem et de Renaissance estiment que cette trajectoire trop rapide pénaliserait les agriculteurs français, dépendants des importations d’engrais. Ils proposent de s’aligner sur les normes européennes à 60 mg/kg, ou d’étaler la baisse.

De leur côté, les défenseurs de la proposition assurent que les industriels peuvent s’adapter sans surcoût. Benoît Biteau, lui-même agriculteur, rappelle que des techniques de « décadmiation » existent déjà et ne sont pas très chères. Il cite le géant marocain OCP, principal fournisseur de la France, qui exporte déjà vers l’Union européenne des engrais à moins de 20 mg/kg depuis février 2025. Malgré des équilibres politiques défavorables, Biteau garde espoir. Il mise sur une mobilisation de la gauche et une faible présence des députés de la majorité pour faire adopter son texte. Une manière de mettre fin à une exception française qui empoisonne lentement la population.

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