Société
Le patron de Dassault a-t-il fait capoter l’avion de combat du futur ?
Eric Trappier, PDG du groupe français, a imposé sa vision du « faire seul » jusqu’à enterrer le projet européen SCAF. Retour sur une guerre industrielle qui…


Eric Trappier, PDG du groupe français, a imposé sa vision du « faire seul » jusqu’à enterrer le projet européen SCAF. Retour sur une guerre industrielle qui laisse la France sans partenaires pour son chasseur nouvelle génération.
Lancé en grande pompe en 2017, le SCAF devait incarner la coopération militaire franco-allemande. L’idée était simple concevoir ensemble l’avion de combat qui remplacerait le Rafale et l’Eurofighter, avec l’Espagne comme troisième partenaire. Mais derrière les discours, deux visions s’entrechoquaient. D’un côté, Dassault Aviation et son PDG Eric Trappier, farouchement attachés à la souveraineté française. De l’autre, Airbus, porte-voix de Berlin et de Madrid, qui réclamait les deux tiers du programme. Le conflit était inévitable. Il a fini par tuer le projet.
Eric Trappier n’a jamais caché sa ligne. Pour lui, la France sait tout faire seule. « De A à Z », répétait-il. Son groupe contrôle des technologies sensibles liées à la dissuasion nucléaire. Partager ce savoir-faire, c’était pour lui « donner les bijoux de famille ». Alors quand les tensions avec Airbus sont montées, il a durci le ton. En septembre 2025, il lançait même un défi aux Allemands les invitant à faire seuls s’ils le voulaient. Cette posture a exaspéré ses homologues européens. L’un d’eux, chez Airbus, a écrit directement à Emmanuel Macron pour dénoncer ce qu’il considère comme une disqualification de Dassault.
Le divorce est désormais consommé. La France se retrouve sans partenaire pour son futur avion de combat. Dassault devra chercher des financements ailleurs, sans doute auprès des Émirats arabes unis ou d’autres pays clients du Rafale. Mais ce scénario a un prix. Un avion franco-français coûtera plus cher et sera probablement moins performant qu’un appareil développé à plusieurs. Pendant ce temps, les concurrents américains et chinois avancent. Eric Trappier, lui, reste droit dans ses bottes. Patriote assumé et fidèle à Dassault depuis quarante ans, il a gagné cette bataille. Reste à savoir si la France peut vraiment gagner la guerre de l’aviation de combat en faisant cavalier seul.
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