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Le multimillionnaire qui promet de mater les groupes armés devient président de la Colombie

Le candidat de droite dure Abelardo de la Espriella a remporté de justesse le second tour de la présidentielle. Le pays bascule à droite avec un homme…

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Le multimillionnaire qui promet de mater les groupes armés devient président de la Colombie

Le candidat de droite dure Abelardo de la Espriella a remporté de justesse le second tour de la présidentielle. Le pays bascule à droite avec un homme d’affaires admirateur de Trump et Bukele à sa tête.

Dimanche, les Colombiens ont choisi leur nouveau président. Abelardo de la Espriella, un millionnaire de 47 ans novice en politique, a obtenu 49,65% des voix contre 48,71% pour le candidat de gauche Ivan Cepeda. Ce résultat marque un tournant net pour la Colombie qui renoue avec une ligne dure après le premier mandat progressiste de Gustavo Petro. L’élection s’est jouée dans un mouchoir de poche, mais l’écart est désormais irrattrapable pour son rival.

Surnommé « Le Tigre », de la Espriella a construit sa campagne sur un discours musclé contre les groupes armés et le narcotrafic. Il promet des méga-prisons où les détenus seraient nourris de pain et d’eau, des bombardements des camps de trafiquants avec le soutien des États-Unis et d’Israël, et une réduction de 40% de l’appareil d’État. Admirateur déclaré de Donald Trump, Nayib Bukele et Javier Milei, il défend aussi le port d’armes et la fracturation hydraulique. Ses propos misogynes et homophobes ont suscité des critiques, mais son image d’outsider patriote a séduit un électorat fatigué par la violence.

En face, Ivan Cepeda, 63 ans, philosophe et sénateur, incarnait la continuité de la stratégie de paix du président sortant. Fils d’un homme politique communiste assassiné avec l’aide de paramilitaires, il est un ardent défenseur des victimes du conflit armé. Porté par les classes populaires grâce aux progrès sociaux du gouvernement Petro, il a réussi à talonner son adversaire au second tour. Mais ses partisans redoutent désormais un durcissement de la répression. L’un d’eux, à Bogota, confie son inquiétude pour les plus défavorisés, craignant qu’ils ne soient utilisés dans une guerre qui pourrait être évitée.

Ce scrutin s’est déroulé dans un climat tendu. La Colombie connaît une flambée de violence inédite depuis l’accord de paix de 2016 avec les Farc. Des dirigeants communautaires sont assassinés, des attentats visent des civils. Avec l’arrivée au pouvoir de de la Espriella, le pays rejoint une tendance régionale après l’Argentine, le Chili ou l’Équateur où la droite a repris du terrain. Les relations avec Washington, allié historique, seront également un enjeu clé pour ce nouveau président qui promet de « défendre la Colombie avant tout ».

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