Politique
Le bassin de Trump prend l’eau : entre peinture qui s’écaille et algues invasives, le fiasco du Lincoln
Le miroir d’eau du Lincoln Memorial à Washington, joyau que Donald Trump voulait rénover à grands frais, vire au cauchemar. Entre peinture qui s’effrite…


Le miroir d’eau du Lincoln Memorial à Washington, joyau que Donald Trump voulait rénover à grands frais, vire au cauchemar. Entre peinture qui s’effrite, algues qui prolifèrent et accusations de sabotage, le chantier révèle bien des couacs.
Derrière l’image parfaite que le président américain voulait renvoyer, c’est un tableau bien moins flatteur qui se dessine. Le bassin réfléchissant du Lincoln Memorial, long de plus de 600 mètres, devait être le symbole d’une Amérique remise à neuf. Mais depuis que les travaux ont commencé, les déboires s’accumulent. La peinture bleu drapeau, appliquée au fond à un coût élevé, s’écaille déjà par endroits. Et cette teinte, loin d’embellir le lieu, a favorisé l’apparition d’algues vertes qui ont rapidement envahi l’eau.
Face à ces problèmes, Donald Trump a choisi la stratégie du coupable idéal. Sans attendre les rapports techniques, il a dénoncé samedi sur son réseau social des actes de vandalisme. Il affirme que des individus ont utilisé des lames pour tailler le bassin sur près de 80 mètres et y auraient déversé des produits chimiques. Des accusations qu’il n’étaye d’aucune preuve. Le Service des parcs nationaux, chargé de la gestion du site, n’a confirmé aucune arrestation pour ce motif. Pourtant, un ancien athlète olympique a bien été interpellé. Il raconte s’être arrêté à vélo pour observer les travaux et avoir simplement touché un morceau de peinture qui se décollait déjà. Il dit n’avoir rien arraché, mais s’est retrouvé encerclé par des gardes puis arrêté.
Ce chantier, estimé à environ 14 millions de dollars, a été confié sans appel d’offres public à une entreprise qui avait déjà travaillé pour un club de golf du président. La polémique enfle. Pour tenter de sauver le bassin, le National Park Service a injecté du peroxyde d’hydrogène et installé un système d’ozone par nanobulles. Mais selon des analyses, ces traitements ont paradoxalement favorisé la prolifération d’une autre espèce d’algues encore plus agressive. Résultat le bassin va devoir être vidé en grande partie pour des réparations d’urgence. Un revers cuisant pour celui qui assurait il y a quelques semaines que les matériaux utilisés pourraient tenir cent ans.
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